mercredi, mai 31, 2006

Départs

Mise à jour: Apéro à 17H chez Zaza (à la Lingotière donc). Chacun amène ses chips et autres olices, Zaza vend les boissons à prix coûtant. Chacun est le bienvenu!


Aujourd'hui, ce sont de nombreux Boillat qui vont quitter, contre leur gré, leur usine, suite à leur licenciement. Avec le retour des cadres de Dornach et des kapos, après 2 jours d'endoctrinement, la direction de Swissmetal va certainement profiter de l'occasion pour tenter d'écraser ceux qui restent.

"Un Voisin" a, pertinemment, rappelé la réponse du Conseil fédéral (le 17 mars 2006) à une interpellation du Conseiller national Jean-Claude Rennwald (déposée le 30 novembre 2005). Citation de la réponse: "La société Swissmetal a communiqué qu'une quarantaine d'emplois sur 320 à Reconvilier disparaîtront prochainement et en tout 80 d'ici 2010".

A ce propos, le Journal du Jura publie aussi un article, dans lequel Philippe Oudot relève que Swissmetal a refusé aux licenciés de suivre des cours de formation organisés par l'ORP, durant leur période de dédite.

De plus, l'idée d'un apéro chez Zaza (les initiés sauront donc où) a été lancée sur le blog. Aux Boillat de voir qu'en faire.

Karl n'aime pas se lancer dans l'exercice qui va suivre, mais le fait quand même (aïe!), et espère que ce n'est pas insoutenablement mauvais (Karl avait-il bu un verre de trop, au moment de faire son "édito"? Allez savoir ce qui lui passe par la tête, des fois)... Mais sinon, que dire? Et que faire? Nous sommes tous, je crois, émus et tristes face à la mise en oeuvre du massacre perpétré contre les Boillat. Donc, voici la contribution de Karl:

Licenciés, licenciés
Mis dehors, jetés
Et qu’ont-ils fait, ces révoltés?
Travaillé, travaillé,
Travaillé encore, dans le bruit, dans la chaleur
Haut les cœurs!

Elle a une âme, la Boillat
Qu’on nous dit
Elle vit
Mais là?
Elle pleure, blessée.

De tout coeur avec vous les Boillat, ceux qui partent, comme ceux qui restent. A tous, Karl souhaite le meilleur des avenir, dans la nouvelle Boillat ou ailleurs.

Nous nous battons pour la victoire.

mardi, mai 30, 2006

Ca mitonne et ça mijote

Ca mitonne

Finalement, ils sont à Interlaken, les cadres de Swissmetal. Quoi de plus idyllique pour nous cuisiner une contre-offensive? Ce petit sacrifice pécunier (sur le dos de Swissmetal toutefois) est en partie dû, peut-on supposer, à une volonté de restaurer la confiance en la santé financière du groupe qui est, comme dirait Henri Bols, "au bord de la f..." (non, il ne veut pas parler de la "fête", même s'il est certainement un fan de La Boum. Nous, ce serait plutôt le big bang, tiens). Mais ce petit extra à Interlaken est aussi dû, sans doute, aux goûts de luxe de Martinou, qui aime tant étaler son argent sous le nez des personnes à hypnotiser.

Alors, que préparent-ils, là-bas? Nous le saurons tout bientôt, mais la surprise ne viendra que de l'absence d'humanité et de sérieux qu'il faut pour appliquer le genre de projet discuté. Karl doute que les débats portent sur la vente de la Boillat.


Ca mijote

Là, on se trouve côté Boillat. La fin du mois approchant, de très nombreux licenciés vont quitter officiellement la Boillat. Là, les histoires de machines qui seraient déplacées soulèvent un tollé.

Quant aux chiffres des commandes, publiés dans Boillat hebdo N°2, on se demande toujours ce qu'ils valent, quand on sait combien de ces commandes sont ventilées vers les sites de Dornach et Lüdenscheid (qui, pourtant, tournent depuis toujours à plein régime et sont très bénéficiaires).


Bref

Eh oui, bref... Car lundi comme mardi, c'est l'attente. Ainsi, pour que cette dernière ne soit pas trop pénible, on peut espérer qu'un des membres de la secte du chemin lumineux aura la brillante idée d'aller squatter un ordinateur, pour nous poster quelques informations. Franchement, ils en ont marre, les cadres de Dornach. Même avec eux, Martin Hellweg doit être passé depuis longtemps au stade supérieur, c'est-à-dire du susucre au bâton. Rêvons un peu: l'un d'eux n'aurait-il pas envie de relever la tête et de briser le silence? Rêvons beaucoup...


Les Boillat à Genève

Lundi soir, une délégation de la Boillat était à Genève, pour y discuter de leur combat. Karl a eu peu d'écho de cette soirée, mais il semble qu'elle s'est bien déroulée. On s'en doutait, car les Boillat savent de quoi ils parlent, et en parlent bien.

Jean-Michel Bonvin, professeur de sociologie à l'Université de Genève, a donné une conférence dans ce cadre. Vu l'article de Philippe Oudot dans le Journal du Jura, c'était intéressant. On y remarque bien une chose, qu'on reverra pendant encore de très longtemps: la lutte des Boillat fera date. Mais elle n'est pas encore terminée...

lundi, mai 29, 2006

De retour!

Finalement

Cette fois, Karl est sorti de son hibernation. Groar, que c'est dur!

Par contre, il y en a qui, lundi et mardi, vont avoir l'occasion de dooormir pas mal. C'est que ça déprime sec, semble-t-il, tout en haut de la hiérachie swissmetalienne. "O raaage, ô désespoaaar, ô vieillesse ennemiiie!", sont-ils certainement nombreux à se dire! Par contre, "N'ais-je donc tant vécu, que pour cette infamie?" (le vers suivant de la pièce), sera plutôt réservé aux 3 jubilaires licenciés fêtés dans le numéro 1 de Boillat hebdo.

Car, au fond, que penser face à tout cet immense gâchis? Toujours du côté de Dornach, il y en a qui doivent fredonner: "Je n'aurai pas le temps, paaas le temps. Même en 100 ans, la Boillat n'ira pas, pas avec moi. Des milliers de jours, c'est bien trop court, pour les mettre au pas".

C'est pourquoi la contemplation peu sereine de cet état d'esprit a motivé Martin Hellweg à inviter tous les cadres qu'il a à sa botte au sein d'un "stage" de putré... -pardon- de préparation mentale dans un camp de rééduc... -pardon- de vacances. C'est le dernier arrêt avant la mine de sel, qu'on se le dise! Le doute s'est insinué profond dans l'esprit des admirateurs du maîîître, et voici venu le temps de l'extirper, tel le fruit du ver.


A la TSR

Comme vous savez, Karl était à la TSR (au 12H45 du vendredi 26 mai 2006. Choisir l'émission en haut à gauche, puis utiliser le petit calendrier. Ce reportage était aussi visible sur la TSI, au journal du soir). Accepter de faire ce reportage, à cause des questions d'anonymat, a été un choix difficile. Mais voilà, faire parler de la Boillat à la télévision a fait pencher la balance. J'espère que ce choix vous a paru correct.

Je ne sais pas pour vous mais, pour ma part, quand passe l'image de Martin Hellweg, et qu'on entend "Martinou" sur la bande-son, puis rebelote avec Friedrich Sauerländer, "Fridou pour les intimes", c'est un éclat de rire garanti. D'ailleurs, merci à Mario Grünenwald d'avoir expliqué aux téléspectateurs que les surnoms, dans le Jura-bernois, ça ne manque pas.

Par contre, pour Sam Furrer, il en va tout autrement. Là, en continuant dans la veine lyrique, après avoir pillé Corneille et Fugain, Karl a presque envie de chanter "Saaam, je vous aime!", à la Julien Clerc. Pourquoi? Parce qu'il est tellement mignon, Sam, quand il s'applique pour faire de jolies expressions faciales: souriant pour parler du caractère humoristique du blog, Sam se renfrogne, l'air triste et paternaliste, quand vient le terrible moment de parler de ce crève-coeur qu'est l'usage du mot "kapo", issu "du vocabulaire nazi". Corrigeons-le tout de suite, "kapo" n'est pas un terme du vocabulaire nazi (voir, par exemple, Si c'est un homme, de Primo Levi). C'est plutôt un terme issu du vocabulaire des victimes du nazisme, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

Le terme "kapo" a longuement été discuté ici. Il ne s'agit pas de faire penser que la direction de Swissmetal est composée de nazis. Il s'agit de relever le fait que, dans toute dictature, on ressort le même genre d'outillage, à des degrés divers. Mais, si le degré varie énormément, le principe reste. Dès lors, dans cette optique, l'usage d'un tel terme est-il vraiment impropre?

Sam Furrer a néanmoins bien maîtrisé son interview. C'était de l'excellente communication, pour une fois. Comme on peut le voir, par exemple, dans L'Art d'avoir toujours raison [et de se faire détester de tous], de Schopenhauer, il faut toujours se ménager les rieurs du public. C'est un impératif pour gagner ses faveurs. Donc, il ne faut surtout pas apparaître comme quelqu'un qui n'a pas d'humour, même si l'objet du gag, c'est vous-même. D'où le fait que Sam Furrer, avec un petit sourire étudié, a dit trouver le blog drôle. De plus, le petit acte de pouvoir consistant à poser soi-même les limites de l'humour, en en appelant à la compassion dudit public (du genre "Il nous traite de nazis, je vous jure... Tout de même, regardez-moi, je n'ai pas l'air d'un nazi. Je suis comme vous, je vous parle, j'ai un regard tendre, un coeur qui saigne face à ces méchancetés"), c'est très bien joué.

Le fait d'avoir défini le blog en laissant un pseudo-choix est aussi bien senti. Le blog est "satyrique" ou "humoristique": l'auditeur a l'impression que Sam Furrer ne l'oblige pas à opter pour sa définition, mais lui laisse une alternative (qui n'en est en fait pas une). Ce faisant, il définit le contenu du blog comme humoristique (ou satyrique, ça ne change rien), et peut ainsi éviter d'entrer en matière sur le sérieux, ou non, des informations qui s'y trouvent. C'est parfois drôle, d'autres fois lourd, mais ça ne va pas au-delà. Joli travail, Sam, tu échappes à la mine de sel!

Enfin, l'erreur à ne pas faire, pour la direction de Swissmetal, eut été de ne pas se prononcer sur le blog, signe d'énervement, ou signe qu'ils ont quelque chose à cacher à ce propos.

Le seul défaut de toute cette belle affaire, finalement, est de se demander: qu'est-ce qui est le pire? 133 licenciements de représailles, des contrats qui ne respectent pas la CCT, du mobbing et la destruction d'une entreprise compétitive? Ou bien, l'usage du terme "kapo"?


Torchinou 2

Karl se permet de rebaptiser Boillat hebdo en Torchinou, puisque des commentaires vont dans ce sens. Donc, le numréro 2 du Torchinou est sorti. Dire que chaque semaine, maintenant, il faudra subir ça... On a beau le savoir, ça fait toujours un choc (c'est le but d'ailleurs, de nous avoir à l'usure). Voici donc la page 1, et la page 2.

A ceux qui se demandaient si ceux qui ont inscrit leurs souhaits à 3 jubilaires licenciés, étaient bêtes ou méchants, la réponse est venue dans le numéro 2: ils sont surtout bêtes. Le jubilaire de la semaine est en effet un employé non licencié. Comme quoi quand ça ne leur coûte rien et qu'il ne faut pas toucher à la "stratégie", ils font des efforts, là-haut. Pas trop quand même, n'exagérons rien, et voyons la suite.

L'"Editorial" résumé abruptement en une phrase: Boillat, collaborez, pas comme des collaborateurs, mais comme des collabos.

Un article de Jépéto parle de l'alliage NP6, qui est plein d'avenir. Sauf que pour ça, il faudrait pouvoir le fabriquer. Déjà qu'en temps normal (quand le personnel du laboratoire n'est pas intégralement licencié), c'est un alliage difficile à produire, et en développement... Alors maintenant, ils peuvent encore attendre un peu, les clients. Swissmetal prend des commandes, lit-on? Et un jour, on entendra le refrain connu, selon lequel Swissmetal n'honore pas ses engagements.

Pour les "Quelques chiffres", patatra, il y avait une faute, de 500 tonnes. Donc, cette fois, il y a 500 tonnes de moins dans les commandes. Mais les chiffres sont toujours aussi difficiles à retrouve, comcomparer. Notamment, si l'on extrapole selon le calcul effectué pour le tableau du Torchinou N°1, on se me c'est amusant, avec plus de production que de commandes. Donc, il devient impossible de comparer les chiffres proposés. Là-dessus, il est certain qu'ils ne risquent pas de s'améliorer. Reste donc à trouver des chiffres qui soient vrais, et comparables.

A la page 2, on lit que Daniel Rérat est le préposé à l'environnement, ce qui est exact. De manière plus générale, il s'occupe de la sécurité (enfin, il essaie). Pourtant, Daniel Rérat, dans le Journal du Jura de jeudi, était l'interlocuteur de Philippe Oudot à propos de l'assurance qualité et de la reconduction de la norme ISO pour les produits de la Boillat. Normalement, c'est Dominique Klein qui occupe le poste de directeur de l'assurance qualité (depuis que le vrai responsable a été licencié). Bizarre, bizarre... Déclin serait-il devenu à ce point imprésentable? Daniel Rérat aurait-il tout à coup la science infuse (hum...)?

Comme chaque semaine, Boillat hebdo nous présente aussi les portrait de quelqu'un du coin, bien francophone, etc. Pauvre victime, dont on a simplement recopié le CV. On descend vite dans la hiérachie, en plus. Au début, on avait le chef du controlling, et maintenant, il s'agit d'une sorte de stagiaire de haut vol. La semaine prochaine, la bonne pâte du terroir en bas de la page 2 risque de faire partie des licenciés, à ce rythme.

jeudi, mai 25, 2006

Court mais bref

Brèves

La pétition en est à sa 10'000e signature enregistrée! D'après une estimation "optimiste", il reste 3'000 à 5'000 signatures à saisir. Bravo et merci à toutes ces personnes, qui travaillent tant à récolter et à enregistrer les signatures!

A Genève, le 29 mai, aura lieu une conférence tenue par des Boillat, à l'Université. Si vous trouvez qu'Internet ne remplace pas une poignée de main, le moment est venu pour une poignée de main!

L'expert est passé à la Boillat le mercredi 24 mai. Il est arrivé en retard à la Boillat, étant donné qu'il avait un rendez-vous imprévu, le matin, avec Rolf Bloch. Le soir, il avait rendez-vous chez Swissmem, probablement avec Thomas Daum. Karl a comme l'impression que le rapport de l'expert sera salé. Très salé. Puisse-t-il être rendu public!


Résumons (fin)

Après un premier mai très Boillat, il est l'heure de proposer quelques réflexions sur le rapport annuel 2005 (toujours pas traduit en français, mais bien sûr contre leur gré), et le rapport du premier trimestre 2006, de Swissmetal, dans l'"édito" du 3 mai (ou l'on apprend que Daniel Brendel s'est fait virer), et celui du 5 mai. L'état financier de l'entreprise, l'état du stock, etc. y sont étudiés. L'ensemble de l'analyse de ces rapports est regroupé dans ce document. Aussi loin que mes informations portent, cette analyse, réalisée grâce, notamment, à "Al", est assez correcte.

Le 6 mai est publié une lettre envoyée par les comissions du personnel de la Boillat à Friedrich Sauerländer. Les problèmes rencontrés par la Boillat y sont exposés, ainsi que la responsabilité accablante de Swissmetal. La réponse à cette lettre sera publiée dans l'"édito" du 10 mai. Elle est signée... Henri Bols. Fridou aurait-il peur de se mouiller? Toujours le 10 mai, il est indiqué qu'à la Boillat, une caméra, placée discrètement, a été découverte.

Le 15 mai commence le périple, en images, de Martinou à la recherche d'un banquier qui ne serait pas au fait de la situation de Swissmetal.

Le 18 mai, c'est le jour de la remise des prix de la souris d'or. Karl est un poil stressé. De plus, on trouve un communiqué d'Unia, du 17 mai, et la réponse, presque illisible en français, de Swissmetal. Le réengagement de 30 Boillat licenciés, sur base de contrats de travail illégaux au regard de la CCT (qui n'est même pas mentionnée dans lesdits contrats!), est abordé. Un second "édito" sera écrit le même jour, pour fêter la victoire d'"Une voix pour la Boillat" au concours de la Souris d'or.

L'"édito" du 20 mai étudie le premier numéro de Boillat hebdo, une publication destinée à faire dooormir les Boillat. Les contrats de travail y sont aussi publiés.



Petite pause pour Karl durant ces jours fériés. Il n'y aura pas d'"édito" ces 2 prochains jours, à part, bien sûr, s'il se passe quelque chose d'important. Merci pour votre compréhension, et profitez bien de ces quelques jours!

PS: il semble que quelqu'un a pris des photos du site de Dornach. Est-il possible de m'en faire parvenir par email? Merci!

mercredi, mai 24, 2006

Le train train pas quotidien

Sur le blog

Depuis la Souris d'or, on peut constater l'arrivée de nouvelles personnes sur le blog. Bienvenue à elles! A cet effet, Karl rappelle les règles en vigueur:

Liberté d'expression aussi large que possible, à l'exception des menaces et injures. Une tolérance aussi grande que possible est néanmoins appliquée. Les commentaires ne sont pas filtrés et sont, éventuellement, retirés à posteriori, sur demande ou sur décision de Karl. Le retrait d'un commentaire fait généralement l'objet d'une explication.


Aux "habitués"

Merci de faire preuve de tolérance vis-à-vis des nouveaux arrivants. Parfois, des commentaires sont un peu mal pris, certaines choses ayant, par exemple, été débattues et conclues voilà un bout de temps. Une question que vous considérez comme maladroite n'est pas nécessairement une provocation. Dès lors l'argument limpide peut aisément remplacer l'offensive verbale. Vous connaissez le dossier, et vous savez pourquoi vous vous battez... Plein de bonnes raisons pour le montrer!

Aux nouveaux arrivants

Merci de ne pas oublier, lorsqu'une remarque vous froisse, que ce blog est la représentation virtuelle d'un champ de bataille. La situation que vivent les Boillat est extrêmement dure, vous le savez: les nerfs de certains sont à vif, parce qu'au front, ce qui se passe est terrible. Lorsqu'une réponse qui vous est faite est brusque, n'oubliez pas ces éléments... Elle est peut-être, par exemple, écrite par quelqu'un qui a perdu son emploi, et est dans le dilemme de signer ou non un nouveau contrat -illégal- avec Swissmetal, pour ne pas être pénalisé par le chômage.

A tous

Comprendre avant de juger... C'est la clé d'un échange fructueux. "Une voix pour la Boillat" a été conçu dans l'espoir d'être un pont entre les Boillat et l'extérieur. Cette voix a été conçue, aussi, pour refléter honnêtement la réalité. L'objectif n'est pas de séduire, mais de montrer. Tout le contraire de Boillat hebdo (voir cet "édito"), un torchinou de Martinou, où l'on félicite des jubilaires licenciés un mois plus tôt, et où les chiffres contredisent les lettres.

Merci à tous pour votre participation!


Le stock

Nos amis les 2 verres d'il y a quelque jours avaient inventé un mot, la "viditude" (l'idée venait bien sûr de celui qui était plein). Voilà qui définit bien l'état du stock de la Boillat. Pour mémoire, voici une photo du zinc qu'on trouvait au sous-sol de l'usine 2, le 15 mars 2006:



Aujourd'hui, il y en a... moins. Et c'est ce qui reste pour toute la Boillat (c'est au milieu, côté droit, la pile grise):

C'était le jeu des quelques tonnes de différences... Les avez-vous toutes trouvées? Si vous désirez faire encore quelques parties, d'autres vues du stock, tout aussi édifiantes, sont visibles sur le site de JB.

De plus, Swissmetal a décidé aujourd'hui d'économiser de l'argent très intelligemment. Le contrat avec CFF-Cargo étant devenu plus coûteux (60'000 francs pour une rotation quotidienne, contre 88'000 francs pour 3 rotations quotidiennes auparavant), Swissmetal a décidé de le résilier. Mais que va devenir Gfellander, le chef de gare? Martinou n'a-t-il donc aucun amour pour ses plus fidèles exécutants?

Le wagon transportait, jusque là, de la matière entre les 2 usines de la Boillat. En lieu et place, une personne a été réengagée pour faire le transport par camion. Je vous laisse calculer l'économie réalisée (on parie sur moins de zéro?). Notons aussi que le transport qui devient le plus difficile à effectuer est celui des billettes, de la fonderie de l'usine 2 aux presses de l'usine 1.

Plus de stock de matières premières, et plus de wagon pour transporter les billettes? A quoi cela nous mène-t-il? A l'arrêt de la fonderie, tout simplement. Martinou continue à foncer comme un buffle, comme si tout se passait selon ses plans. Il oublie néanmoins un petit détail: rien ne se passe selon ses plans.

On peut donc se faire une idée du mouvement en cours, en ajoutant encore 2 indices: il a été signalé sur le blog que Swissmetal ne prendrait plus les commandes de moins de 500 kilos. De plus, la direction a prévu de déplacer la Schumag 6 (en photo ci-après) qui fonctionne essentiellement, et à plein régime, pour produire de la matière destinée à Bic (des barres de laiton). Et la production que Swissmetal ne peut pas déplacer (les maillechorts de Premec, par exemple, dont la valeur ajoutée est énorme)? "Viditude", ça doit être le mot.

Le mouvement amorcé est donc le suivant: déplacer la production destinée à certains clients de la Boillat vers Busch-Jaeger et Dornach. Quels clients? Ceux qui accepteront, et ceux pour lesquels il est envisageable de produire ailleurs, parce que les machines à déplacer sont peu nombreuses, ou qu'il n'y a pas besoin d'en déplacer. Le savoir-faire? Ca ne se chiffre pas, donc ça ne compte pas. Donc, pas de problème à produire ailleurs... Décidément, Martinou aura encore des surprises, que son esprit étriqué aura toutes les peines du monde à analyser. Néanmoins, ces déplacements de machines ne seront probablement pas suivis les bras croisés, car ce serait un signe de résignation, qui permettrait à Martin Hellweg de déclarer le conflit terminé.

La Schumag 6, comme on le voit, reçoit du fil sous forme de grosses bobines (la bobine est au coin supérieur gauche), le redresse pour qu'il soit rectiligne, et le débite sous forme de barres, dont les extrémités sont taillées d'une manière bien particulière. Le but est d'obtenir des barres parfaitement droites (qu'on voit au milieu inférieur de l'image), et dont la taille des extrémités est très précise. Une barre non homogène, une barre rayée, une barre pas parfaitement droite, une barre dont la pointe n'est pas tout à fait centrée... Poubelle! En ce moment, d'ailleurs, à peu près tout ce que produit la Boillat est hors tolérances. (Merci de me corriger si je ne suis pas exact. Merci à C. et B. pour les photos!).

Autres nouvelles

Dans le journal du Parti radical bernois (Berner Freisinn ou Les radicaux) du 22 mai, Paul Sonderegger, ancien directeur de la Boillat, a publié un article que voici.

Après Swissmem, c'est au tour de la SSE (Société suisse des entrepreneurs) de quitter Economiesuisse. Ce qui se divise s'affaiblit... Et ce n'est donc pas une mauvaise nouvelle si Thomas Daum, le porteur d'eau de Swissmetal, a d'autres chats à fouetter. On espère néanmoins qu'il lui restera un peu de temps pour traiter l'illégalité des nouveaux contrats de travail de Swissmetal.

mardi, mai 23, 2006

Brosser le tableau (à la brosseuse)

Stratégie

Il s'agit ici de parler de la stratégie ("ensemble d'actions coordonnées, de manoeuvres, en vue d'une victoire". Le Petit Robert), et pas de la "stratégie" (artifice hellwegien fumeux). Quelle stratégie les Boillat peuvent-ils suivre pour vaincre Martinou et sa bande? La question a fait l'objet d'un long et intéressant débat sur le blog, dans les commentaires. Il s'agit ici d'exposer, sous une forme lisible, les différentes options, leurs avantages et leurs inconvénients.

La question de la transparence se pose. Faut-il avertir Martin Hellweg, via "Une voix pour la Boillat", des préparatifs et des décisions en cours? Assurément, la transparence a ses limites. Mais, tant qu'il ne s'agit de fixer qu'un cadre, et de débattre de propositions sans décider de quelque chose, on doit pouvoir se lancer.

De toutes façons, même si les apparences indiquent parfois le contraire, la transparence et la démocratie sont garantes d'une efficacité supérieure à celle de l'opacité et de la dictature, telles que Martinou les pratique. Le seul défaut de la première méthode est qu'elle doit obtenir les faveurs des participants pour fonctionner, et qu'elle doit donc correspondre à peu près à leurs aspirations. Dans le cas de la Boillat, ces aspirations sont claires, et partagées. Martinou, quant à lui, est un dictateur, parce que ses projets ne doivent être connus que de lui pour qu'il atteigne ses buts.

Tout d'abord, quand on parle de stratégie, il faut définir des objectifs. L'objectif central du combat des Boillat a toujours été d'arracher la Boillat à Martin Hellweg, au moins en le faisant quitter Swissmetal, et au mieux en rendant la Boillat totalement indépendante de Swissmetal. Une solution intermédiaire, où Martinou et la Boillat seraient encore dans la même entreprise, suite à un accord négocié, est utopique: Martin Hellweg et ses sbires veulent la mort de la Boillat. Ils la voulaient, à la base, pour se remplir les poches, et maintenant ils la veulent aussi par esprit de vengeance. Comment atteindre l'objectif?


Reprise de la grève

Avantages

Montrer à tous (autorité, actionnaires, etc. Notamment à Joseph Deiss, pour qui l'essentiel réside dans le fait que le travail reprenne...) que le conflit n'est pas terminé. Il semble néanmoins que ça se sache assez bien, même sans grève.

Revenir à une action collective, menée de manière collective.

Tenter activement d'atteindre l'objectif.

Inconvénients

Rompre la médiation.

Donner un prétexte à Martin Hellweg pour fermer la Boillat, et faire porter la responsabilité de tous les maux du monde aux Boillat.

Se mettre à dos certains soutiens (dont des clients, les autorités, etc.).


Grève à l'envers

Cette solution consiste à faire revenir tous les Boillat, licenciés ou non, au travail, et à faire fonctionner la Boillat de manière sérieuse et efficace.

Avantages

Coup d'éclat médiatique.

Possibilité de servir les clients.

Revenir à une action collective, menée de manière collective.

Tenter d'atteindre activement l'objectif.

Inconvénients

Dans l'hypothèse où cela se fait sous le patronnage de Swissmetal: renflouer les caisses du groupe. Probablement la chose à ne pas faire, donc.

Dans l'hypothèse où cela se fait contre le gré de Swissmetal: se mettre hors la loi (la propriété privée, en Suisse, est très protégée).

Rompre la médiation.

Le stock est vide, donc comment faire fonctionner l'usine. Une action illégale empêcherait probablement les clients de la soutenir.

Infrastructure très lourde (facturations, comptabilité, remplacement des personnes ayant trouvé un nouveau travail, etc.).

Problèmes informatiques (plus de logiciel de PAO et nécessité de réorganiser le réseau).



Statu quo

Cette solution consiste à en rester à la situation actuelle, et à laisser la direction de Swissmetal s'empêtrer dans ses propres contradictions.

Avantages

Fait perdre de l'argent à Swissmetal sans entrer dans l'illégalité.

Assure des salaires payés par Swissmetal.

Oblige Swissmetal à assumer la responsabilité de ses échecs.

Maintient un contrôle des Boillat sur l'usine, puisqu'ils y sont présents, tout en empêchant Swissmetal de la fermer (s'ils avaient pu, ils l'auraient certainement déjà fait).

Inconvénients

Peu d'action collective, et pas menée collectivement.

Passivité pesante face à la situation.

Lenteur du processus.

Risque plus élevé de déplacement de machines (même si un déplacement de machines ne signifie pas pour autant qu'elle fonctionneront une fois ailleurs) et de Boillat qui quittent leur emploi.

Il est possible, bien sûr, que certains points soient négligés ou mal estimés: à vous de le dire. De plus, il faut noter que, si la seconde grève était une nécessité, Swissmetal a néanmoins commencé à se fissurer après la reprise du travail, quand on a pu voir l'encadrement de Dornach à l'oeuvre (Si on peut appeler ça "l'oeuvre"). Là, quelque chose s'est cassé dans la direction de Swissmetal, et Daniel Brendel, ainsi que Walter Haüsermann, en ont fait les frais (et d'autres, n'est-ce pas Henri, ne doivent plus trouver leur travail très agréable).

Si le free cash flow (argent liquide disponible) à la fin 2005 tournait autour de 5 millions, il était négatif de quelques francs à la fin du premier trimestre 2006. Donc, Swissmetal a des problèmes de liquidités. De ce fait, Swissmetal ne peut pas se payer une fermeture de la Boillat, d'autant plus que les réactions opposées à une telle action seraient très fortes.

Les déplacements de machines, les contrats de travail illégaux, le Boillat hebdo, font tous partie d'un jeu de carotte et de bâton: pousser une partie des Boillat à la rupture (grève ou autre) et en faire dooormir une autre (ce qui marche assez mal). Pourquoi tenter de pousser les Boillat à la rupture? Pour leur faire porter la responsabilité de la situation lamentable de Swissmetal? Pour tenter de résoudre le problème par un coup de force, si l'opportunité se présente? Quoi qu'il en soit, on peut penser que les provocations sont volontaires...

Pour conclure, je me lance un peu, et cette remarque est à débattre: il me semble que les Boillat, en ce moment, sont dans une meilleure posture que la direction de Swissmetal. Même si la situation, côté Boillat, est très dure, je pense qu'elle n'est pas aussi dure que celle qu'affronte la direction de Swissmetal (je parle en termes stratégiques, pas humains). Inexorablement, si les choses continuent ainsi, Swissmetal va mourir, par la faute de Martinou. Et ça commence à se savoir. Bien sûr, il est possible qu'il ait encore de solides cartes à jouer, mais pourquoi ne les joue-t-il pas maintenant, alors?

Au mois de mai, fais ce qu'il te plaît, dit-on... Mais cette année, pourquoi ne pas reporter le dicton au mois de juin?


Nouvelles

Swissmem a annoncé sa décision de quitter Economiesuisse. Jusqu'à nouvel avis, ça ne change rien pour la Boillat, mais voici toujours une analyse de Jean-Claude Péclet dans Le Temps, et une dépêche annonçant la nouvelle.

Philippe Oudot, dans le Journal du Jura, revient sur le déplacement éventuel de la Schumag 6, et l'absurdité totale d'un tel déplacement. Il relève aussi que, si aux Boillat la direction de Swissmetal parle de 30 "annulations de licenciements", Sam Furrer reconnaît qu'il s'agit en fait, juridiquement, de réengagements (à d'autres conditions, donc).


Résumons (suite II)

L'"édito" du 10 avril s'interroge sur les élections bernoises du 9. Y a-t-il eu un "effet Boillat"? Annelise Vaucher, candidate malheureuse à l'exécutif, a-t-elle échoué à cause de son absence de soutien (sinon dans une ombre très opaque) à la cause des Boillat? Maxime Zuber doit-il une partie de son succès à son travail en faveur des Boillat?

Mercredi 12 avril, l'"édito" annonce que le passage du 100'000e visiteur sur le blog est imminent. De son côté, Swissmetal annonce que les derniers apprentis de la Boillat (ils n'étaient plus beaucoup, depuis que Martinou avait décrété les apprentis trop coûteux) seront replacés dans d'autres enteprises, faute de personnel disposant des qualification requises pour les former.

Le 17 avril paraît la traduction d'une interview de Martin Hellweg dans la NZZ. Cette traduction sera d'ailleurs reprise par... Swissmetal! Et quelle interview! Martinou a dû agiter tout son réseau de relations pour obtenir un entretien aussi complaisant.

Le 18 avril, Françoise, une Boillat, répond aux accusations selon lesquelles il y aurait de "faux-malades" parmi les Boillat.

Qui est l'expert? C'est la question à laquelle l'"édito" du 20 avril tente de répondre.

Le 27 avril, la démission de Joseph Deiss est abordée. De plus, l'interview de Martin Helwleg dans la NZZ a fait des remous, et de nombreuses réponses ont été envoyées, dont 2 qui ont été publiées. La Basler Zeitung du jour présente le rapport sur la contamination des sols autour de l'usine de Dornach: il est clairement plus inquiétant que prévu. A la Boillat, Henir Bols n'a pas réussi à placer des Boillat à des postes à responsabilité, sous ses ordres: il n'y aura pas de bonne nouvelle à annoncer pour Martin Hellweg lors de sa prochaine conférence de presse, durant laquelle Swissmetal présentera ses résultats. De plus, une des 3 portes disparues est de retour!

Au 29 avril, Swissmetal présente ses résultats annuels 2005, et les résultats du premier trimestre 2006. 2005, une année sans grève, est manifestement sauvée par les bénéfices dégagés par la Boillat, même si Martin Hellweg met, à tort, la faute sur la conjoncture. Quant au premier trimestre 2006, les résultats montrent bien que Swissmetal est financièrement mal en point: la grève et l'absence de productivité de la Boillat, ainsi que l'achat déraisonnable de Busch-Jaeger, ont vidé les caisses du groupe, qui ne peut plus compter sur sa seule usine rentable.

Suite et fin dans le prochain "édito"!

lundi, mai 22, 2006

Le plus dur: trouver un titre

Un ajout à cet édito a été effectué, titré "Torchinou"

Une petite Schumag, qui décolle?

La Schumag 6 sera-t-elle déplacée? Ou pas? Affaire à suivre. Le déplacement de machines de la Boillat vers Dornach ou Lüdenscheid est une perspective qui fait saliver Martinou depuis longtemps. Les Schumag ne sont pas à l'ordre du jour des machines innocentes victimes de kidnapping pour la première fois.

Mais voilà, les machines, il faut les déplacer sans que les Boillat réagissent. Sinon, adieu normalisation du conflit, adieu ligne de crédit, adieu veaux, vaches, et petits cochons en porcelaine avec une fente un milieu du dos, bien remplis de sousous. Henri Bols doit déjà en frissonner, pris qu'il est entre le marteau Boillat, et l'enclume maîîître. Il est donc certainement sur le point d'organiser son séjour revigorant à la mine de sel.


Torchinou

Torchinou est la contraction de "torchon" et de "Martinou". En effet, le dernier papier affiché par Swissmetal dans la Boillat mérite bien une appellation rien que pour lui (mais ses successeurs sont déjà dans les starting-blocks). Il y est mentionné que 30 licenciements ont été annulés, et que les réengagements se font aux conditions du contrat que l'on connaît. De plus, pour "optimiser" la production, il est prévu de déplacer des machines vers les autres sites du groupe (seules les spécialités, que la Boillat n'est plus en mesure de produire, faute de stock et de personnel, resteraient à Reconvilier). A part ça, dans Boillat hebdo, l'organe de presse du Ministère de la vérité de Swissmetal, ils parlent toujours de maintenir 250 emploi à Reconvilier.

Le but reste donc toujours le même: la suppression de la Boillat, en laissant juste de quoi ne pas payer une dépollution.


Activisme

Il est temps de reparler de la manifestation des 10 et 11 juin, puisque le site officiel de l'événement est en ligne. Tout y est!

De plus, une autre action en cours est celle qui vise à rendre vivante l'assemblée générale des actionnaires de Swissmetal. A cet effet, on se souviendra qu'il existe un appel, rédigé par SwissmetalInvest, organisation qui cherche à rassembler les petits actionnaires désireux de ne pas laisser Martin Hellweg détruire le groupe.

L'assemblée générale des actionnaires de swissmetal risque en effet d'être très débattue. On voit déjà Martin Hellweg venir en disant: "Ou c'est ma 'stratégie', ou c'est la faillite. Et dooormez, je le veux! Allez quoi, ne charriez pas, dooormez!". Pour qu'il puisse en arriver là, il lui faut toutefois encore pouvoir proposer une nouvelle ligne de crédit, qu'il n'a toujours pas, semble-t-il, trouvée, malgré un parcours épique à travers le monde.


Un centenaire scolaire

Commençons par une petite fable métaphysique (ouille!):

C'est l'histoire d'un verre à moitié plein qui rencontre un verre à moitié vide. Le verre à moitié plein, en proie à de terribles doutes, interpelle le verre à moitié vide:

-Cher monsieur, nous nous ressemblons, et j'ai pourtant le sentiment que tout nous sépare!

-Certes, cher monsieur, répond le verre à moitié vide. Moi, quand on me remplit, je suis vidé et je dois aller me reposer, tandis que vous, quand on vous vide, vous êtes plein, et vous rentrez à la maison à point d'heure.

-Toutefois, rétorque le verre à moitié plein, j'ai tout comme vous, un persistant sentiment d'inachevé. Mais si, pour moi, il se traduit par un manque de plénitude, je ne saurais qualifier votre impression à vous. Une sorte de "viditude"?

-Ma foi, je ne sais pas, ajoute le verre à moitié vide. Si nous sommes tout 2 situés au même point d'équilibre, il semble que ce dernier soit instable, et que nous tendions chacun à vouloir nous en éloigner, dans une direction opposée. Nous sommes à la fois tellement proches, mais voudrions être tellement éloignés!

Sur ces entrefaites, les 2 verres partirent à une fête, et en analysèrent le contenu selon leur propre perspective. L'un n'y vit donc que plénitude, tandis que l'autre en dénonça la "viditude". A la santé, donc, de l'Ecole secondaire de Reconvilier, qui fêtait ses 100 ans, tout en contrastes!


Revenons un peu en arrière. Les écoles de Reconvilier ont été touchées de plein fouet par le dur conflit dans lequel sont pris les Boillat. De nombreux enfants ont un parent à la Boillat, et tous y connaissent quelqu'un. Quand on est un enfant et qu'on vit une telle situation, le sentiment d'impuissance doit être terrible. On veut aider papa qui fait la grève et qui est tout le temps triste, on aimerait faire quelque chose pour maman, qui ne dort plus la nuit. On pense au voisin, d'habitude sympathique, qui là, est devenu tellement discret. Dans les magasins, à l'école, partout, ça parle de la Boillat, et de ces gens, là-haut, à la tête de Swissmetal, qui font souffrir tout un village, et au-delà. Mais voilà, pour un enfant, changer le cours des choses est un rêve innaccessible. Et, une histoire comme celle de la Boillat, ça change toute une vie, qu'on le veuille ou non.

Les enseignants des écoles de Reconvilier ont bien saisi ce problème. Alors, leurs élèves ont pu faire des dessins ou des poèmes, pour la Boillat. Dans le cadre de l'école, ils sont allés visiter l'usine, et apporter leur soutien aux grévistes, de différentes manières, parfois très courageuses. Bref, les enseignants ont donné à leurs élèves la possiblité de sortir du confinement auquel les réduisait leur impuissance.

Pour le centenaire de l'Ecole secondaire de Reconvilier, des "Femmes en colère" avaient proposé un texte, et il était prévu que 2 élèves le lisent. Le voici:


Chers élèves et anciens élèves,
Chers membres et anciens membres du corps enseignant,
Chers amis de l'école secondaire,

Vous êtes revenus aujourd'hui à Reconvilier pour y célébrer dans la joie et la camaraderie le 100ème anniversaire de l'école secondaire. Nous aimerions à cette occasion vous souhaiter une excellente soirée, remplie de souvenirs...

En octobre 2005, dans cette même salle des fêtes, des hommes et des femmes étaient réunis dans une ambiance bien plus triste et plus accablante que celle d'aujourd'hui pour fêter le 150ème anniversaire de leur entreprise. Ces gens, c'étaient les travailleurs et les travailleuses de la Boillat. Nous n'allons pas retracer en détail l'histoire du conflit Swissmetal, il a été largement diffusé par les médias et il ne fait nul doute que vous le connaissez tous.

Le 25 janvier dernier, ouvriers, employés et cadres de la Boillat tous unis, relançaient le mouvement de grève qu'ils avaient déjà entamé en novembre 2004. Un incroyable élan de solidarité se mettait en place autour d'eux. Aujourd'hui, quelques quatre mois plus tard, ils luttent toujours même si ils ont repris le travail entre-temps. Ces gens épuisés, blessés humiliés, meurtris dans leur âme et dans leur chair, mais toujours la tête haute, ils forcent l'admiration, ils méritent tous un immense respect car leur force, leur détermination n'ont d'égales que leur courage et leur dignité. Ces gens, ces êtres humains, ils se battent avec toute leur énergie, toute leur ténacité pour tenter de sauver un véritable fleuron industriel, une entreprise pour laquelle ils se sont investis depuis des années, une entreprise à laquelle ils s'identifiaient, une entreprise dans laquelle, il n'y a pas si longtemps encore, ils avaient du plaisir et de la fierté à travailler. Ces gens ils ne demandaient qu'à effectuer leur boulot dans des conditions décentes, à assurer leurs places de travail pour que leurs enfants puissent avoir un avenir dans ce coin de pays. Aujourd'hui beaucoup d'entre eux ont perdu leur emploi, d'autres l'ont conservé mais accomplissent leur besogne dans des conditions dignes de l'esclavage. Ces hommes et ces femmes vous les avez peut-être côtoyés sur les bancs de l'école, vous avez peut-être joué avec eux quand vous étiez en culottes courtes, vous êtes peut-être assis à côté de l'un d'eux ce soir...

Nous ne pouvions pas passer ces tristes événements sous silence, car ils se déroulent ici, à Reconvilier, dans le village de votre enfance. Le combat de ces travailleurs et travailleuses n'est toujours pas terminé, ils ont encore et toujours besoin d'un immense soutien. Alors, si votre chemin devait croiser le leur un jour, offrez-leur un sourire, adressez-leur une parole d'encouragement ou tout autre marque de sympathie, ils en ont tous tellement besoin. Soutenez-leur lutte pour que, lorsque vous vous réunirez pour célébrer les 125 ans de votre chère école, vous puissiez le faire dans un village prospère, dynamique, vivant et non dans une cité-dortoir. Merci de votre attention et que la fête soit belle.


Ce texte n'a finalement pas été lu, le comité d'organisation du centenaire en ayant décidé autrement. Il semble que les "Femmes en colère" aient adressé leur demande de manière pas assez diplomatique, et surtout qu'elles aient commis l'erreur suprême consistant à ne pas en référer directement à la responsable: la présidente du comité d'organisation. Elles s'étaient en effet premièrement adressées aux enseignants et au metteur en scène, qui, semble-t-il, avaient considéré positivement cette proposition.

Mais voilà, quand on a une présidente de comité d'organisation, il faut passer par elle, "Femmes en colère", sinon c'est elle qui se fâche tout rouge. Et c'est aux 2 élèves qu'elle a fait part de son refus, et de celui de son comité (enfin, cette décision reste obscure), d'entrer en matière sur la lecture de ce texte. Ca, pour du refus, c'était du refus. Une tentative de ressortir ce texte samedi s'est terminée tout aussi sèchement.

Le spectacle fut néanmoins très apprécié, et contenait, paraît-il, un sympathique clin d'oeil à la Boillat. Les discours de Mario Annoni et Flavio Torti revenaient par ailleurs, dans la partie officielle, sur la Boillat.

Reste, toutefois, bien plantée comme une arrête en travers de la gorge, l'indélicatesse de la présidente du comité d'organisation envers 2 enfants, et des "Femmes en colère". Elle a eu l'air de ne pas percevoir la tragédie que vivent ces gens, et d'être donc incapable d'exprimer de la tolérance vis-à-vis de comportements qu'elle jugeait inadaptés. Par contre, sa souffrance à elle, vis-à-vis de ce gros couac et de ses conséquences, ça, elle la ressent très bien: "En 20 ans de carrière politique" elle n'avait "jamais vu ça" (à savoir "un tel harcèlement"). J'espère que le savon qu'elle m'a mis lui a fait du bien, en tout cas, même si la version officielle, que j'ai poliment tenté de lui demander, se termine donc en queue de poisson.

En 20 ans de carrière politique, madame la présidente aurait pu apprendre que lorsqu'on vous donne la parole, il faut toujours la prendre, à part quand on a quelque chose à se reprocher (mais m'emailer est toujours possible). Pour mémoire, certains Boillat, après 40 ans de carrière professionnelle, ont vécu ces dernières semaines un harcèlement autrement plus salé que le sien, et s'attendaient à un peu plus de sympathie et de sagesse de la part d'une personne bien protégée contre ce genre d'abus, et en charge de la présidence d'un comité, et des responsabilités qui en découlent.


Résumons (suite)

Le 6 mars 2006, le site www.boillat.org, qui contient une pétition online de soutien aux Boillat, franchit le cap des 10'000 signatures. De plus, à la médiation, l'échéance de l'annonce de 120 licenciements s'approche.

L'"édito" du 12 mars expose la prose de Daniel Brendel, vice-président exécutif de Swissmetal (licencié depuis), dans laquelle il parle du "ridicule" des cadres de Dornach mis en place à la Boillat.

Dans l'"édito" du 18 mars commencent à paraître les fameuses enquêtes de Toto. Celle-ci traite des différentes entreprises au sein desquelles Martinou a sévi. Ce jour-là, les Boillat ont reçu, une fois n'est pas pas coutume, une lettre plutôt sympathique. Il faut dire qu'elle ne fut pas envoyé par Swissmetal, mais par le réseau de soutien à la Boillat.

Le 23 mars, tôt le matin, on se prend à espérer que Swissmetal va accepter de vendre la Boillat. Une lettre de Martin Hellweg laisse penser que ce dernier est passablement énervé, et une délégation de la Boillat est à l'Université de Lausanne pour une série de conférences-débats.

On constate le 24 mars que Swissmetal se refusera probablement à vendre la Boillat. Toujours à cette date, un second "édito" traite du communiqué de presse de Swissmetal, qui annonce en fait 112 licenciements. L'absurdité totale.

C'est finalement le 30 mars que nous tenons l'information: Swissmetal refuse de vendre la Boillat, et le dit dans un communiqué. De plus, on apprend que Dietrich Twietmeyer, un financier allemand ex-propriétaire de Busch-Jaeger, sera proposé comme nouveau membre du conseil d'administration de Swissmetal, pour remplacer Walter Haüsermann.

L'"édito" du 31 mars présente les résultats d'un concours de slogans organisé en vue de la manifestation, à Berne, du 8 avril. D'autre part, l'investigation sur Dietrich Twietmeyer se poursuit, grâce à "Un voisin".

Le premier avril, une candidate qui allait échouer aux élections bernoises fait les frais du traditionnel gag.

Le 9 avril, il est l'heure de parler de la manifestation de la veille (on trouve par ailleurs quantité d'informations à ce propos sur le site de JB). Le décompte du nombre de manifestants est très débattu, et le chiffre officiel est décevant. Le chiffre de Karl: 5'000 ou plus.

La suite demain!

samedi, mai 20, 2006

Welcome!

Gargarismes

L'effet Souris d'or continue, et c'est tout bénéfice pour la Boillat. Aujourd'hui, c'est le Journal du Jura, par plume de Philippe Oudot, qui ouvre ses pages à Karl et à "Une voix pour la Boillat": "Toutes proportions gardées, 'Une voix pour la Boillat', c'est un peu Radio Londres", écrit-il. Eh bé... Demain, on retrouvera normalement Karl dans Le Matin.

Sur les blogs, Ludovic Monnerat, concurrent de la catégorie "Politique", salue "Une voix pour la Boillat". Le vainqueur de la catégorie "Formation", "Le semeur" a quelques mots très sympathiques: "Et Viva la Boillat, la victoire qui nous réjouit le plus, celle d’une parole qui arrache la muselière. Du blogue indispensable". Enfin, les gastronomes ne manqueront pas d'aller visiter le blog des Frangines (on espère que leur estomac s'est remis de certains mets zurichois), concurrentes de la catégorie "Vécu", dont les recettes n'ont pas manqué de convaincre quelques Boillat, ainsi que votre serviteur. Et il y a même un mot sur pointblog.com, un blog français tenu par un journaliste.

Relevons encore un article du Courrier, qui fait un état des lieux de la Boillat, à l'occasion de la Souris d'or.

Pour les photos de l'événement, le site de JB propose un album en ligne. Rebell.tv a filmé l'événement et l'ensemble des vidéos sont disponibles sur leur site. Quant à Karl, il a piqué une photo sur le blog de Maria Pia Mascaro. Parmi ses défenseurs, la Boillat a donc le plaisir d'accueillir... une souris:


Résumons

Au vu des statistiques de fréquentation, "Une voix pour la Boillat" accueille de nombreux nouveaux visiteurs (Martinou appréciera). A cet effet, et pour ceux qui désireraient se rafraîchir la mémoire, Karl a construit une liste de quelques publications du blog jugées marquantes. Je n'avait jamais relu mes "éditos", à quelques exceptions près... Ca fait bizarre. Il sont souvent ponctués de "Là, la direction de Swissmetal se fissure", "là, il ont un sérieux problème", "là, ils commencent à la sentir passer". Et pourtant... Ca dure encore. Qu'il est long à venir, le big bang. Mais cette fois, les sources sont trop bonnes pour mentir: ils y sont, maintenant, dans la m... A part ça, quelle usine à gaz, ce blog!

On commence par le tout premier "édito", en date du 26 janvier 2006, dans lequelle la ligne du blog est fixée. Je m'y suis toujours tenu, je crois, et relis ce texte avec, je l'avoue, une certaine émotion.

Le second "édito" retraçait les moments clés de la Boillat sous forme de chronologie. Chronologie par ailleurs reprise et prolongée par JB sur son site.

L'"édito" du 2 février 2006 était consacré à un exposé sur ce qu'est, en gros, la Boillat. Une sorte de description, que je trouve toujours drôle et attachante. La Boillat qu'on aime.

Le 4 février 2006, Karl s'attardait un peu sur la mauvaise foi de la direction de Swissmetal, répandue dans les pages du Temps.

Un "édito" du 9 février s'intéresse à des photos des fonderies de Dornach et de Reconvilier, ainsique qu'à la décision aberrante de déplacer la fonderie de Reconvilier à Dornach.

Toujours le 9 février, un autre "édito", intitulé "Internet", mentionnait la coupure d'Internet à la Boillat. C'est intéressant parce que depuis, Internet n'a jamais été rétabli à la Boillat, mis à part sur quelques ordinateurs où c'est une nécessité absolue. Ce blackout est largement causé par le blog.

Encore le 9 février (décidément...), un troisième "édito" aborde l'article de Jean-Claude Péclet, dans Le Temps, où sont mentionnés "les chiffres qui dérangent Swissmetal", sur les pertes enregistrées par le site de Dornach, décision partiellement à l'origine de la seconde grève.

On saute au 19 février (souvenons-nous que Busch-Jaeger avait été rachetée le 10 février, alors qu'on venait d'apprendre la désignation de Rolf Bloch par Joseph Deiss), où l'on tombe tout d'abord sur une action proposée, sans succès, par les grévistes de la Boillat à leurs collègues de Suisse. Eh oui, pas facile de ce lancer dans l'activisme, surtout quand le syndicat désapprouve. Il y avait aussi cette histoire de camions, chargés par Martin Hellweg de venir chercher de la matière à la Boillat, mais sans succès aussi.
Et puis, surtout, il y avait des remarques sur l'article d'Hermann Stern, dans Finanz und Wirtschaft, où ce dernier encensait les qualités de Swissmetal par rapport aux investisseurs. "Al" m'avait alors envoyé une photo où, aux côtés d'Hermann Stern, on voit... Sam Furrer! Il est beau, et utile, le réseau de relations à Sam. Ce fut le début d'une longue et fructueuse collaboration avec "Al" (merci à lui!).

Alors que les grévistes choisissaient de ne pas décider si oui ou non ils allaient reprendre le travail, le 22 février, sur le blog, apparaissait une première collaboration avec "SanA", auteur d'une synthèse sur les différences entre les usines de Reconvilier et de Dornach. Le 23 février (ici pour les événements en temps réel, et ici pour l'analyse), suite à des pressions notamment de la part direction d'Unia, la reprise du travail était votée (la reprise n'était pas nécessairement une mauvaise chose, mais les pressions...). Le lendemain, c'était bien sûr dans les journaux.

Rigueur commençait à nous donner ses "Leçons de fonderie" le 27 février (elles sont en bas de page). La première, puis une seconde (le 28 février, jour d'ouverture de l'uZine 3), et enfin la troisième (le premier mars, tôt le matin). On peut retrouver ces leçons, ainsi qu'une vidéo, sur le site web de JB. Bonne lecture, surtout à Martinou et ses sbires, qui sauront enfin comment sont fabriqués ces métaux jaunes et ocres (un jour, peut-être, sauront-ils aussi à quoi ils servent. Enfin, ils savent, à leur manière: à faire des sous).

Un "édito" du 4 mars a fait rire bien du monde... Le bordel (il n'y a pas d'autre mot) qui régnait à la Boillat y était qualifié d'ubuesque. C'est toujours le cas, d'ailleurs, mais un peu moins, et en un peu plus tragique. Le 4 mars toujours, un samedi donc, les Boillat avaient reçu une de ces fameuses lettres de Martinou, perpétuant et amplifiant la tradition du pourrissage de week-end, toujours en vigueur.

Allez, Karl s'arrête là pour aujourd'hui, mais reprendra cette tâche dans les prochains "édito". Une fois ce retour sur les événements achevé, il sera condensé dans un document PDF. En espérant que ce sera utile!


La Boillat a son journal

Il existait un journal d'entreprise de la Boillat, et Swissmetal a décidé de le remettre au goût du jour. Ainsi, les Boillat ont reçu, par courrier et sous la forme d'une feuille imprimée recto-verso (il faut savoir rester modeste, et puis, il y a tellement peu à dire, sur la Boillat), le Boillat hebdo (on ne rigole pas). Oui, le titre, c'est déjà tout un poème. "Boillat", pour la touche locale, et "hebdo" pour le côté branché. Que ça a dû lui faire mal, à la direction de Swissmetal, d'écrire "Boillat", on en sentirait presque leurs tripes se serrer au moment de taper les lettres sur le clavier. Qu'ils doivent avoir besoin des Boillat pour se renier de la sorte! Qu'il est beau mon cirage Swissmetal, qu'elles vont briller, vos pompes, Boillat!

En elle-même, cette crise de lèche-bottisme du titre est déjà suspecte. On peut donc en tirer une conclusion valable pour tout le reste: Swissmetal a cruellement besoin que le conflit se termine, et vite. Voici mon petit pari, qui n'engage que moi: certaines banques accepteraient d'entrer en matière avec Swissmetal sur une nouvelle ligne de crédit, mais si et seulement si la situation se normalise (ce qui ne veut pas dire que la Boillat redeviendrait opérationnelle, loin s'en faut), ce qui n'est pas du tout le cas pour le moment. Même Laxey commence à trouver le temps long, d'ailleurs. Alors, on amadoue le rude Boillat à coup de lettre fleurie. Et c'est tout juste si ce journal n'est pas parfumé (de toute façon, s'il fallait vraiment lui assigner une odeur, certains pensent à... Je vous laisse imaginer), et imprimé sur papier rose. Bien sûr, c'est envoyé, comme toujours, de manière à arriver le samedi, comme toute opération "week-end pourri" qui se respecte.

Venons-en à la page une. Comment choisir pour citer seulement quelques extraits de ce fabuleux florilège de la littérature swissmetalienne? Bon sang, que c'est dur. Tout d'abord, le Boillat hebdo sera "un outil informatif et communicatif qui vous livre l'actualité de l'entreprise en vous présentant exclusivement et tout de suite des faits et des perspectives". [Karl se lève, et va calmer son fou-rire].

Existe-t-il des écrits qui n'informent ni ne communiquent? Chef non chef! Et existe-t-il des journaux dans lesquels on ne trouve ni faits, ni perspectives? Chef je suis désolé mais non chef! On ira donc analyser cette phrase par son message sous-jacent: Boillat hebdo est, prétendûment, le seul média dont les informations, communications, faits et perspectives sont dignes d'intérêts, en ce qui concerne la Boillat. Le reste, les "forums d'Internet" et autres journaux, publie autre chose que l'avis du maîîître. Scandaleux, non?

Dans 3 mois, indique Boillat hebdo, le journal sera remplacé par son jumeau informatique, qui permettra à chaque travailleur de Swissmetal d'avoir la voix du maîîître sous ses yeux quand il va boire un café, ou s'asseoir un moment. Après Radio Londres et Radio Pékin, voici donc venus les jours de Radio Pyongyang. "Swissmetal a plus que jamais envie de communiquer, d'échanger des idées, et d'être à l'écoute". Ca, on peut le dire: maintenant qu'ils sont en train de sombrer, ils veulent qu'on les aime.

L'éditorial cite Joseph Deiss, qui craindrait la "vente du kow-how qui met en péril l'économie suisse". Certes, avec un Swissmetal dirigé par toujours plus d'Allemands à la botte de Martinou, dont l'un (Volker Suchordt, un fameux psychopathe), pour exemple, ne cache qu'à Rolf Bloch sa ferme volonté de "détruire la Boillat", J. Deiss a des craintes fondées. Toujours dans l'éditorial, l'auteur, qui ne signe pas (mais ce n'est pas Martinou, il se pendrait plutôt que d'écrire sur ce ton cordial et de souhaiter une "bonne lecture!" aux Boillat) écrit: "Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est trouver [et pas "retrouver" car il n'a jamais existé, NDKarl] le contact avec les collaborateurs". Le contact avec les collabos, lui, se porte bien. Quant au reste, on attend toujours que Martinou et Fridou viennent serrer quelques mains à Reconvilier.

Et d'ajouter qu'"une ambiance meilleure et une productivité accrue [...] contribueront à garder la Boillat au sein de Swissmetal". Quel sens de la provocation! Enfin, il est indiqué que "Vous et votre famille êtes le coeur de cible du Boillat hebdo". Il est fait rien que pour l'endoctrinement des Boillat, le Boillat hebdo, quelle mignonne attention! Merci, maîîître!

Enfin, pour terminer ce tour d'horizon de la première page, un tableau est imprimé. Sur les 2 premières semaines de mai, la Boillat (en fait, il n'y a pas d'indication, mais on peut légitimement le supposer. Merci aux Boillat de me corriger sinon. Bravo à Swissmetal pour la précision) aurait enregistré pour 771,6 tonnes de commandes (en temps normal, sans le tiers de son personnel licencié, la Boillat produit un peu plus de 1000 tonnes par mois, donc les commandes entrent très bien). A la semaine 19 (la deuxième semaine de mai), la Boillat aurait produit 159,5 tonnes. A ce rythme, la Boillat est capable de produire autour des 630 tonnes par mois. Il y a donc plus du double de commandes en 2 semaines que de capacité à produire en un mois. Sur ce, tournons la page, en gardant ces chiffres à l'esprit, ça va être drôle.

La seconde page commence par "Un mot de Roderick Tanzer". Tout d'abord, une séquence délation: on peut lui envoyer des emails, l'adresse étant fournie. Mais les Boillat peuvent aussi lui faire un petit billet, comme dans les salles de classe de notre enfance, et le donner à Anne-Marie Minder, qui se chargera de le transmettre (après l'avoir lu, bien sûr, comme on sait). Enfin, il est possible de fixer rendez-vous à Rodi quand il passe à Reconvilier. A la question: "pourquoi ais-je accepté ce poste?" Il répond que "l'être humain grandit en soumettant à de tels challenges". Merci, Rodi, de nous apprendre que servir de chair à canon au maîîître te grandit, c'est tant mieux pour toi!

Mais voici le meilleur, tenez-vous bien: "Je pense que ce sera dur, voire très dur, nous avons sérieusement ébranlé la confiance que nos clients avaient placée en nous". Revenons à la page une, et revoyons les commandes: il y a plus de commandes que la Boillat ne peut en honorer. 2 fois plus. Oui, Rodi, les clients ont perdu toute confiance en Swissmetal, mais pas en la Boillat. Non, Rodi, tu ne sais pas compter, tu as fait trop de petits billets, quand tu étais à l'école. Tu espère "retrouver le niveau de services auquel nos clients étaient habitués"? Avec toi, ce ne sera pas demain la veille, même si tu évites soigneusement de faire allusion à une "équipe maladie" pour te faire bien voir. Dans le prochain numéro du Boillat hebdo, pourquoi ne pas mettre une petite annonce comme "Rodi le danseur cherche boulier pas cher, neuf ou usagé"?

Et ça continue... Rodi veut "essayer de contribuer un tout petit peu à sauver 250 emplois et à faire vivre 250 familles dans la région". Roderick Tanzer est un ange, qu'on se le dise! Ou, plus pragmatiquement, Martin Hellweg et Sam Furrer lui ont soufflé ce qu'il devait écrire dans le creux de l'oreille. Quelle mélasse!

Dans les brèves, on apprend que Swissmetal engage une personne supplémentaire pour gérer les lienciements, que le four Solo remarche (pas pour longtemps, vu l'état de la maintenance), que Jürg Müller, l'expert, viendra le 24 mai (enfin une information!) et que le conseil d'administration se réunira le 23 mai. Les jubilaires félicités sont tous 3 licenciés. Comme c'est fin.

Enfin, Boillat hebdo nous présent Eddy Houlmann, le seul jurassien avec Jepeto qui soit dans les hauteurs de Swissmetal (mais Jepeto s'est trop grillé pour figurer dans Boillat hebdo). E. Houlmann sert donc d'étiquette AOC à Swissmetal, pour l'occasion. Il s'est engagé en mars chez Swissmetal et travaille au service financier du groupe. Il parle de challenge, et on confirme: travailler pour Martinou, c'est un sacré challenge!

Quel journal quand même. Nous sommes pourtant bien sur terre...


La réunion du personnel de vendredi

Différée sur le blog, cette nouvelle n'en mérite pas moins d'être mentionnée. Henri Bols avait convoqué les Boillat pour une réunion dédoublée (à cause des horaires d'équipe). La première réunion est arrivée à son terme, tandis que la seconde a été interrompue, suite à l'évanouissment de Maria, une Boillat, qui s'est bien remise et remercie tout le monde pour les attentions chaleureuses (Henri Bols n'est pas compris dans le lot). Max Locher, membre du conseil d'administration de Swissmetal, était présent, pour débiter un flot d'âneries assez phénoménal. Il aurait signalé que, si les choses se passent comme ça (à savoir selon la méthode Hellweg) dans l'industrie de l'aluminium elle peuvent très bien se passer comme ça chez Swissmetal. Et na! A part ça, il dormait durant la rencontre entre Swissmetal et les Boillat à Bienne: quelle image de marque pour l'indutrie de l'aluminium.

Souvenons-nous: Max Locher était CEO d'Aluminium Laufen, et en préside actuellement le conseil d'administration. Le poste de CEO est occupé depuis 2005 par Alex Kummer, ancien CEO de Keramik Laufen. Et Keramik Laufen était dirigé, avant ça, par Martinou, lequel a été introduit chez Swissmetal par Ivo Gerster, ancien président du conseil d'administration de Keramik Laufen, et grand manitou industriel de Laufon. Que le monde est petit. Et Laufon, encore plus! Mais M. Locher a effectivement raison: il n'y a rien d'anormal à ce que ses petits copains de Laufon ne mettent pas en pièces Swissmetal en lui demandant son aide.

A part ça, Henri Bols a fait part de son désir de déplacer la Schumag 6, une machine stratégique, à Dornach, contre toute raison (la matière qui y passe provient de Reconvilier, et la main d'oeuvre aussi). Des précisions à ce propos suivront.


Les contrats

Les contrats d'embauches actuellement proposés par Swissmetal aux Boillat qu'il est prévu de réengager sont désormais disponibles en ligne (page 1, page 2 et page 3). Pour un commentaire sur ces contrats, on peut se référer à cet "édito". De quoi vérifer qu'aucune mention de la CCT n'y figure. Voilà un information factuelle, exclusive, et tout de suite, telle qu'on n'en trouve pas dans Boillat hebdo.

vendredi, mai 19, 2006

:-)

Bloguons en choeur


2 des concurrents de la catégorie politique ont pris la peine de consacrer de la place au concours, et à "Une voix pour la Boillat". Rebell.tv, auteur d'un petit mot ici même, dans les commentaires, prépare une vidéo de la remise des prix (merci de poster le lien quand vous le trouverez!). François Brutsch, de Swissroll a, quant à lui, posté un billet sur son site. Il relève que la victoire d'"Une voix pour la Boillat" est "Un choix qui nous console aisément de ne pas avoir gagné: il illustre remarquablement la capacité d'un simple blog, instrument disponible gratuitement pour un individu isolé, à intervenir sur une réalité et à fédérer toute une communauté. Tout cela en marge des médias traditionnels". Chapeau à eux 2 pour leur très honorable sens de la compétition, et toutes mes félicitations. Félicitations aussi aux autres participants et vainqueurs, à propos desquels vous trouverez les détails sur le site web de la Souris d'or. Parmi eux, le Blog de Maria Pia Mascaro, nominé dans la catégorie "Vécu", ppropose quelques commentaires sur "Une voix pour la Boillat".


La victoire de "Une voix pour la Boillat" trouve aussi un bel écho médiatique, dont voici une revue:

Tout d'abord, relevons le billet de Bernard Rappaz, de TSR.ch, membre du jury de la Souris d'or. B. Rappaz était, c'est à noter, le premier à parler d'"Une voix pour la Boillat" au niveau médiatique. Et ici, il ajoute "Permettez cependant ce coup de cœur particulier du sous-signé". Venant d'un journaliste, tenu à une certaine réserve, ça vaut son pesant d'or... Euh, de Souris d'or!

Philippe Oudot, dans le Journal du Jura, parle aussi du blog. Karl lui a soufflé que, comme de nombreux blogueurs, il apprécierait de voir la tête de Martinou quand il apprendra la nouvelle. En effet, Martinou, toujours en quête d'un banquier peu soupçonneux (si ça existe) et totalement ignorant de ce qui se passe chez Swissmetal, appréciera que les médias renvoient à ce "Forum d'Internet" qu'il aime tant, et lui fasse tout plein de publicité gratuite. Encore quelques casseroles de plus accrochées à sa cheville, et le stock de métaux dont il disposera lui assurera une confortable retraite.

Même dans 20 minutes, on trouve "Une voix pour la Boillat". Et la photo est très bien choisie!

Enfin, JB, sur son site, présente une photo de la Souris d'or, en train d'arriver chez elle, sous bonne escorte (finalement, la délégation "Boillat" était composée de 6 personnes!).

Bref, encore un immense merci à vous tous pour vos commentaires, qui font vivre ce blog. Tous ces mots de félicitations... Même Toto qui est revenu nous faire signe pour l'occasion. Merci! Et pardonnez moi pour cet "édito" un peu léger, mais il y avait de la fête dans l'air...


Une autre victoire

Le Quotidien jurassien et Le Temps mentionnent aujourd'hui une victoire d'une toute autre sorte: celle d'une entreprise jurassienne, sacrée meilleure entreprise romande de l'année. Le Swiss Venture Club a donc décerné ce prix à Préci-Dip Durtal SA, à Delémont. Durtal, pour faire court, est un des leaders mondiaux des connecteurs électronique, et ses clients se nomment, par exemple, Boeing ou Nokia. Et, devinez de qui Durtal est cliente? Oui, oui, de la Boillat...


A la Boillat

Aujourd'hui a lieu une séance du personnel (en fait 2, pour que tout les Boillat puissent y participer, relativement à leur horaire). Cette séance est convoquée par Swissmetal. On peut s'attendre à de nouvelles menaces, et peut-être à une tentative d'ouvrir le dialogue, comme ils disent. A une tentative de mettre les gens au pas, comme on dit. A quoi s'attendre? A un vote sur la "stratégie", comme il avait déjà été envisagé? A un langage mielleux pour convaincre les Boillat que le maîîître fait tout pour leur bien? Nous verrons bien. Mais l'habitude de frapper le vendredi, histoire de pourrir le week-end des Boillat, est désormais une tradition bien ancrée chez Swissmetal.


Le proverbe du jour

Merci à "Poivre" pour ses recherches, dont j'ai gardé un mot de Luigi Manfredi:

"Même si ton adversaire te semble une souris, surveille-le comme s'il était un lion".

Martinou passera son week-end à méditer cette phrase, que son ego aura bien de la peine à digérer.

jeudi, mai 18, 2006

Et le gagnant est...


UNE VOIX POUR LA BOILLAT


Et un jour, le gagnant sera

LA BOILLAT!


Sur le blog officiel de la Souris d'or (version allemande), on peut suivre la cérémonie, avec des textes et des photos. Le bref discours de Wolfgang Frei et Francis Moret, du jury:

"Une voix pour la Boillat" a reçu le premier prix dans la catégorie "Politique". Cette forme d’expression est exemplaire pour un blogue utilisé comme moyen de communication politique, en dehors des sentiers battus des médias. Ce blogue symbolise bien le rôle de ces nouveaux espaces virtuels pour des communautés unies autour d'une idée ou d'un combat. En l'occurrence, il est devenu la "place du village numérique" de tous ceux qui vivent autour de la Boillat.

Autrement dit, c'est une victoire de nous tous!

De la part de la délégation des Boillat à Zurich, un petit coucou très amical à l'un des concurrents d'"Une voix pour la Boillat" à la Souris d'or: "Rebell.tv".


Je ne résiste pas à la tentation (déclenchée par un commentaire sur le blog), de republier ici le tout premier "édito", du 26 janvier 2006:

Une voix pour la Boillat est née

Hier, la Boillat s'est remise en grève, suite à une réunion du personnel où 218 employés ont choisi d'agir ainsi. Excédés par le comportement de leur direction, poussés à bout par les menaces qui planent sur la pérennité de leur outil de travail, ils ont pris le risque de tout perdre.
Cols blancs comme cols bleus, ils défendent leur usine contre un démantèlement aberrant et écoeurant, soutenus en cela par toute une région solidaire.

Très loin de tous ces gens qui se battent, dans des bureaux feutrés, des communiqués de presse seront écrits pour remettre au pas ces grévistes. Des éditoriaux, des articles et des émissions reprendront ces communiqués. Le conseil d'administration de Swissmetal essaiera de faire ployer la vérité sous le mensonge.

Depuis plusieurs mois, les employés de la Boillat ont reçu une interdiction de s'exprimer face à des journalistes. Je ne suis pas un employé de la Boillat, et je crée aujourd'hui ce petit blog pour ne pas les laisser dans le silence.

Et le gagnant est... Alleeeeeeeeeeez!

Je n'ai pas eu le temps de faire un "édito" à la hauteur, suite à un empêchement de première urgence (joyeux anniversaire à l'urgence en question!). Il manque donc la suite du périple de Martinou. Avec mes excuses.

Souris d'or?

Le vendredi 12 mai, le jury a désigné le gagnant du concours de la Souris d'or. Mais c'est aujourd'hui, jeudi 18 mai à 17H, au salon Orbit-iEX, à Zurich, que le résultat sera annoncé. A cet effet, une délégation de 3 Boillat sera sur place, afin de recevoir le prix, s'il y a lieu.

Voilà, les dés sont jetés. Karl espère un double 6! Mais, on ne le soulignera jamais assez, le blog est un outil participatif. Et, si "Une voix pour la Boillat" devait gagner, prenez tous cette victoire comme étant un peu la votre, car votre participation a rendu possible des choses que jamais Karl n'aurait imaginées. Tout cela, bien sûr, en souhaitant très fort qu'un jour, c'est la victoire de la Boillat que nous fêterons!


Nouveaux contrats de travail

Les 30 personnes réengagées par Swissmetal le seraient sur la base d'un contrat assez fantasque. En effet, les bases sur lesquelles se fondent le contrat en question avaient été refusées en votation par les Boillat voici plus d'une année, mais acceptées à Dornach.

Le contrat prévoit notamment que le signataire s'engage à "sauvegarder fidèlement les intérêts légitimes de l'entreprise". Le "légitime" relevant bien sûr de l'interprétation qu'en ferait le maîîître. De plus, il est prévu que la durée annuelle de travail, de 2'080 heures, puisse être répartie sans aucun garde fou, une modification étant "communiquée à l'employé au moins 3 jours ouvrables à l'avance par son supérieur direct".

"Pour chaque jour de travail qui tombe en raison de vacances, de jours fériés, de service militaire ou d'autres absence payées (maladie, accidents, etc.), est pris en compte le nombre d'heure que l'employé aurait dû effectuer selon le tableau de service s'il avait été présent".

En langage décodé, on appelle ça du travail sur appel. "Tu viens quand on veut, ouvrier! Et surtout, dooors bien, car tu en auras besoin pour travailler selon les horaires que nous te concocterons". Bien sûr, si l'employé est malade, il se peut que, par un hasard farceur, le tableau de service (qui est la référence de l'horaire de travail) mentionne qu'on n'a pas besoin de lui durant sa période de maladie (sauf les 3 premiers jours, car Martinou est bon). En effet, la flexibilité étant totale, à 3 jours près, pourquoi ne pas donner un peu de congé non payé à un employé malade? Pourquoi se priver de tondre le mouton, si laineux et si doux?

Quant au salaire, il est comme l'horaire: fluctuant, et garni de 25 jours de vacances annuelles.

Mais le gâteau, comme toujours avec Swissmetal, est soigneusement caché sous la cerise. Jouons à "Question pour un champion" avec Martin Hellweg:

"Je suis un long papier ennuyeux avec plein d'articles et d'alinéa partout, et on me trouve uniquement en Suisse. Négociée âprement entre des partenaires sociaux, généralement un syndicat et une association patronale, je m'applique à des branche économiques, comme l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM). Ma fonction est de fixer le cadre contraignant qui lie employés et employeurs d'une branche, sous une forme contractuelle. La première lettre de mon nom est un "C" et je suis, je suis..."

"Un Couillon!"

Mais non, Martinou, petit égocentrique, nous ne parlons pas de toi, pour une fois! Il s'agissait bien sûr de la CCT. Et, à propos de la CCT, devinez quoi... Aucune référence n'y est faite dans le contrat d'engagement proposé par Swissmetal. "Dooormez, je le veux!"

Dès lors, on peut conclure en signalant qu'un tel contrat n'est pas légal, ni au regard d'Unia, ni à celui de Swissmem (qui n'accoure plus à la défense de Martin Hellweg, mais traitera probablement ce dossier sans trop d'empressement).


Unia parle

Revoilà Unia qui, dans un communiqué de presse plutôt bien senti, relance le débat. Bien sûr, le syndicat n'a pas manqué de relever le caractère illégal de ces nouveaux contrats de travail. Mais Unia ne s'arrête pas là, souligne en long et en large combien Swissmetal se moque de tous ses interlocuteurs, "condamne avec la plus grande sévérité", "exige", "exhorte" et, bref, ne mâche pas ses mots.

Même si Unia se refuse à parler de mobbing, les pressions exercées par Swissmetal sont qualifiées de "chantage" et sont "inadmissibles". Le nombre de travailleurs en arrêt maladie est aussi remis en cause et "représente un taux tout à fait confomre à la moyenne d'absentéisme". La responsabilité de la faible production de la Boillat incombe donc intégralement à Swissmetal, qui ne fournit pas la matière première nécessaire, et ne fait pas le nécessaire pour que les machines fonctionnent.

Bref, un communiqué à lire!


Swissmetal baragouine

Plus haut, je parlais gâteau sous la cerise. Assurément, nous avons affaire à une pièce montée, et l'étage inférieur nous attend avec le communiqué publié par Swissmetal en réponse à Unia.

Relevons que ce communiqué s'est fait attendre. Joint par l'ATS, comme le relate cette dépêche, Swissmetal (donc Sam, le domestique de Martinou) n'a pas réussi à répondre. Le maîîître, poursuivant certainement ses lointains voyage en quête d'une ligne de crédit, n'était pas là pour dicter sa réponse au fidèle Sam.

Mais il valait la peine d'attendre. Merci, Swissmetal, pour cette poétique traduction en français (la version allemande est lisible, contrairement à son clône dégénéré. Enfin, il me semble). Le titre, d'abord: "Unia continue à alimenter le conflit à Reconvilier par une polémique imparable". Swissmetal a traduit unhaltbarer, "des plus intenables" par "imparable", quel beau lapsus!

De plus "Toujours et encore Unia affiche un comportement qui conduit dans une impasse"! Si, si, puisque Swissmetal le dit, certainement en s'appuyant sur un logiciel de traduction (à tester ici si vous voulez rire) et un dictionnaire allemand - moldo-slovaque.

Autre morceau de bravoure: "Swissmetal trouve particulièrement étrange que deux mois après l’échec de la grève illégale, le syndicat Unia et diverses autres forces politiques qui sont responsables de cette grève continuent leur action destructive à l’encontre de la stratégie du groupe Swissmetal orientée vers l’avenir". Vous souvenez-vous d'une série télévisée nommée La Quatrième dimension? Sam Furrer et son maîîître doivent certainement l'avoir trop regardée, et voient de l'étrange partout. Ou alors c'est la méthode Coué.

Un dernier pour la route (boire ou écrire, il faut choisir. Sam a choisi, il boit d'abord, et écrit ensuite): "Swissmetal s’efforce de continuer à promouvoir la confiance et la motivation et d’accélérer la normalisation de la collaboration à l’usine de Reconvilier". Ca... Si une chose se normalise à Reconvilier, c'est bien l'existence de la collaboration, par exemple au travers d'une riche production cinématographique. Merci, Sam, de l'admettre enfin!

Swissmetal se refuse donc à tout commentaire direct sur les arguments développés par Unia. Ce serait trop risqué. Mieux vaut parler de "phase mutations structurelle particulièrement intense" pour la branche des cuivreux, ou de "stratégie" et menacer de fermer la Boillat, plutôt que de s'expliquer sur des contrats de travail qui ne respectent pas la CCT.

Quant à la qualité de la traduction, on ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel (et d'attendre le rapport d'activité 2005...). Les effets de la "stratégie" sont décidément perceptibles sur la qualité, à tous les niveaux. Si vous trouvez mon "édito" peu drôle, n'hésitez pas à aller lire le communiqué de Swissmetal pour vous dérider. Effet garanti!

Le Journal du Jura publie un article sur cet échange de mots doux entre Unia et Swissmetal.

mercredi, mai 17, 2006

On va où, dites?

Le périple continue

Les choses s'éclaircissent à Palerme: Martinou voulait en fait rencontrer le patron de la pizzeria, mais on lui a fait comprendre que, non, il n'avait pas encore le niveau pour traiter avec. La pizzeria Don Corleone est une grosse industrie, voyez-vous, une industrie où les clients font souvent des indigestions de plomb (selon certaines mauvaises langues). De toute façon, il paraît que le patron en question, un monsieur Provenzano, est indisponible ces temps-ci.

Martinou et Fridou étaient venu chercher un peu d'argent frais pour Swissmetal, mais Fridou a commis une bourde, en parlant un peu trop de la "stratégie". Il faut dire que chez Don Corleone, on aime garantir ses prêts. Et on n'aime pas les escrocs amateurs (les professionnels, c'est autre chose). Donc, la sulfateuse a bien failli servir à dénoyauter Fridou. Mais finalement, le pizzaiolo a choisi de rendre hommage à la pizza marinara, et de faire visiter le monde du silence à Fridou. "Inutile!", aurait-il fallu rétorquer, "Martinou et Fridou connaissent parfaitement ce monde". Mais Fridou n'a pas eu le temps de s'expliquer avant d'aller prendre son premier cours de nage, selon la méthode dite de l'immersion (qui a beaucoup de succès dans l'apprentissage des langues).

Martinou, est alors allé lui tendre une main secourable, et l'équipe d'envoyés spéciaux de "Une voix pour la Boillat" l'a alors pris sur le vif, au large de Palerme.



Et la Boillat, alors?

Déjà, notons qu'une séance du personnel a lieu aujourd'hui à 13H30, à la salle communale.

Il est difficile, en ce moment, de savoir où se trouve l'issue du conflit. Comme signalé précédemment, un gros client de la Boillat, fabriquant, entre autres, de stylos, semble manoeuvrer d'une manière assez douteuse. Ce client serait-il en train d'accepter de lâcher la Boillat au profit de Swissmetal?

Nous savons que Swissmetal est actuellement dans de sérieuses difficultés financières, et que l'obtention d'une nouvelle ligne de crédit (cf. le périple) doit être la première priorité. Nous savons que la Boillat fait actuellement perdre de l'argent à Swissmetal (plus d'un million par mois), que Dornach fait perdre de l'argent à Swissmetal (des centaines de millier de francs par mois) et que Busch-Jaeger, dans le meilleur des cas, n'en rapporte pas (sauf si l'on accepte la méthode comptable, semble-t-il assez biaisée).

On peut imaginer que, même si Martin Hellweg a surtout été dirigé par sa certitude qu'il allait casser rapidement les Boillat (ce en quoi il s'est lourdement trompé), il a calculé au plus juste pour s'assurer que Swissmetal tiendrait le coup jusqu'à l'assemblée générale des actionnaires du groupe, le 30 juin. De plus, les flux de matière à la Boillat laissent penser que l'objectif poursuivi par Swissmetal est de transférer progressivement la production destinée au gros client dont on parle vers Busch-Jaeger. Et de transférer le gros client avec? En effet, même s'il est toujours hasardeux d'envisager ce cas, il est possible que, pour obtenir l'argent nécessaire à la survie de Swissmetal, Martin Hellweg songe à vendre la Boillat. Mais en la vidant préalablement au maximum de ses clients, de son savoir faire et de ses machines.

Pour le moment, à la Boillat, c'est aussi une sorte de nettoyage qui se poursuit. Henri Bols et ses kapos cherchent à débusquer chaque individu ayant encore une idée qui ne soit pas en harmonie avec la pensée du maîîître. Le traitement de faveur réservé au Godard en herbe de l'usine, qui n'a pas été licencié, le démontre largement. De plus en plus, les travailleurs qui restent sont des frontaliers, qui s'identifient logiquement moins à la Boillat que les travailleurs locaux. Et les 112 licenciés commenceront à s'en aller dès la fin de cette semaine. On se demande alors ce que la Boillat pourra encore bien produire. Des boutons de culotte?

Le silence de Martin Hellweg et Friedrich Sauerländer, qui sont même allés jusqu'à faire signer leur dernière lettre par Henri Bols, est aussi quelque chose de difficile à analyser. Peut-être préparent-ils un sale coup magistral, pourrait-on croire. Il faut néanmoins relever que le professionnalisme de Martin Hellweg se situe dans sa maîtrise de la communication. Il sait distiller les petites informations déstabilisantes, il sait rendre un mensonge éhonté crédible à coup de schémas powerpoint, il sait quand et comment frapper à coup de communiqué de presse. Mais, force est de constater qu'il n'utilise plus cette arme, pas même par l'intermédiaire de Fridou, sa fidèle marionnette.

La communication de Swissmetal est en grande partie orientée vers les actionnaires, et de nombreux moyens sont certainement utilisés pour soutenir le cours (de tout petits achats à un cours élevé en fin de journée, entre autres). Pourtant, ces 2 derniers jours, il a passablement chuté, après être fortement monté.

Sur cette base, on peut être surpris de voir que l'arme de la communication n'est plus brandie par Swissmetal. Plus de "bonne" nouvelle à annoncer? Plus envie de se faire commenter à n'en plus finir dans les journaux et sur des "forums d'internet"?

Avec la vente d'actions Swissmetal à GEM, une société dirigée par Friedrich Sauerländer (et où on trouve aussi François Carrard, qui a finalement l'air d'aimer Fridou autant que les petits fours du CIO), Martinou cherche probablement à trouver des investisseurs qui assureront sa position lors de l'assemblée générale. Si le besoin d'assurer sa position existe, c'est que ladite position n'est pas sûre. Dans la perspective de l'actionnaire, la faillite est ce qu'il faut éviter en première priorité. Martinou présentera donc probablement un risque de faillite, et lui proposera une seule alternative, pour forcer la main des actionnaires, comme il l'a fait lors du refinancement. Quelle est cette alternative? Un nouveau refinancement? Une vente de la Boillat? Autre chose? Ce sera houleux...

mardi, mai 16, 2006

Périples pognonesques

Martinou globe-trotter

Après avoir tenté le coup chez Gringotts, banque célèbre puisqu'elle contient, dans ses coffres, la fortune de Harry Potter, Martin Hellweg s'en est allé très triste. Pôôôvre moldu discriminé dans le monde magique!

L'équipe de reportage de "Une voix pour la Boillat" a donc suivi Fridou et Martinou à travers la Manche, sur laquelle ils sont allés jusqu'à mendier pour payer le bateau. Ils ont alors pris un taxi, et ont voyagé quelque part dans la Marne, pour une raison inconnue. Un TGV les a ensuite menés jusqu'à Marseille, où ils se sont pris une savonnée. Mais comme toujours, ils s'en sont lavés les mains, ces impolis. Depuis là, ils ont pris le bateau jusqu'à Palerme, où ils étaient attendus dans une étrange pizzeria. Toutefois, nous n'avons pas cherché à en savoir plus (n'allez pas croire que la sulfateuse du pizzaiolo nous a découragé: on nous a assuré sur place qu'elle sert uniquement à dénoyauter les olives). La photographie a été prise au moment de la sortie des 2 compères. Ils étaient d'ailleurs soigneusement déguisés de manière à se fondre dans la population locale.



Busch-Jaeger

Busch-Jaeger est une entreprise dont le capital était, avant le rachat par Swissmetal, de 1'525'000 euros. Il était réparti comme suit:

  • Volker Suchordt: 100'000 €
  • TRE Holding AG: 207'300 €
  • Benedikt Freiherr von Schröder: 51'800 €
  • Constantin + Bastian Venture Capital GmbH: 387'450 €
  • Smeets Haas Wolff I Verwaltungs GmbH: 155'400 €
  • Hartmut Betke: 51'800 €
  • Blue Equity Consult GmbH: 439'250 €
  • Michael Fabich: 51'800 €
  • Dietrich Twietmeyer: 2'500 €
  • Dirk Schmalenbach: 77'700 €

Un des propriétaires a été regardé d'un peu plus près. Il s'agit de TRE Holding. Le propriétaire de TRE holding se nomme Willy Sigrist, et est domicilié dans le canton de Zoug. Voici les entreprises dans lesquelles W. Sigrist est le seul membre inscrit:

AL Marola Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Baya Holding AG, Artherstrasse 113, 6317 Oberwil bei Zug / Diamond Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Eagle Capital Partners Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Eagle Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Energy Capital Team Holding AG, Artherstrasse 113, 6317 Oberwil bei Zug / Euro Invest Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / GTH Glastechnik Holding AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Helen Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Holdicom Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Jumeira Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Kongware Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Krini Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Lakesite Capital Partners Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Lamarot SA, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Magdelain Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Massonyx Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Massonyx Ltd, Baarerstrasse 43, 6300 Zug / Memphis Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Milena Trading Ltd Milestone 100 Holding Ltd, Haldenstrasse 5, 6340 Baar / Neufin Holding AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Nova Holding & Finanz AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / SAMAJU Holding AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Saphir Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Shirley Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Sidlaw GmbH, Bösch 71, 6331 Hünenberg (par Samaju Holding AG) / Sogerfico SA, Haldenstrasse 5, 6340 Baar / SolidGround Holding AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Swiss Investment Group AG (Schweiz), Bösch 71, 6331 Hünenberg / TRE Holding AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / WESTBERG FINANZ AG, Grabenstrasse 25, 6340 Baar

Autres sociétés dans lesquelles Willi Sigrist figure : Bellevue-Treuhand AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / GM Global Management Kurmann & Partner, Bösch 71, 6331 Hünenberg / IB Life Ltd, Bahnhofstrasse 10, 6301 Zug / Incuco Capital Markets SA, Industriestrasse 7, 6300 Zug / Marketing Solutions Raveneau & Cie, Panama (Zweigniederlassung Hünenberg), Bösch 71, 6331 Hünenberg / Nordgaz Ltd, Baarerstrasse 43, 6300 Zug / Parex Wealth Management Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Qualiworld Trading Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Rocco Holding Ltd, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Sapün Immobilien AG, Bösch 71, 6331 Hünenberg / Sibur-Skandinavia Ltd Slavia Capital Management AG, Bahnhofstrasse 10, 6300 Zug / Softline Beratungen Raveneau & Cie, Panama (Zweigniederlassung Hünenberg), Bösch 71, 6331 Hünenberg / Softline Consulting Tuñon & Cie, Panama (Zweigniederlassung Hünenberg), Bösch 71, 6331 Hünenberg.

W. Sigrist est, pour faire bref, un véritable entrepreneur, un créateur d'entreprises... dont les activités sont, au mieux inconnues. Au pire, elles sont supectes, puisque le seul employé connu de la plupart de ces sociétés est W. Sigrist, et qu'elles sont presque toutes domiciliés au même endroit. S'agirait-il de faire faire un peu de tourisme à des capitaux? En toute discrétion? Saluons tout de même le talent créatif de W. Sigrist. Quel est votre nom préféré d'entreprise? Karl a un petit faible pour Solidgroud AG... Ces sociétés écran, c'est en effet du béton!

lundi, mai 15, 2006

Martinou? Ou es-tu?

Prenons Le Temps

C'est au tour du Temps de parler de Karl, à l'occasion de la nomination de "Une voix pour la Boillat" au concours de la Souris d'or. Comment se porte la collection de moules de Karl? Quel autocollant de joueur hollandais lui manque-t-il pour compléter cette équipe nationale dans son livre Panini? De qui parle-t-il quand il raconte des histoires de bandeau sur l'oeil et de joue balafrée?

Tout ceci, vous ne le saurez pas en lisant l'article de Serge Jubin dans Le Temps de ce lundi (mais si vous avez Kromkamp, je le veux bien). Bref, à vous de voir ce que vous en pensez... J'avoue le trouver plutôt bien. Toutefois, une remarque appelle une précision. Serge Jubin, dont le pessimisme n'est plus à présenter (du moins sur ce blog), fait dire à Karl que le combat pour la Boillat "peut s'apparenter à Don quichotte". Karl a bien dit ça. Mais avec une pensée à l'esprit: que les Boillat aient une chance sur 2 de gagner leur combat, ou une chance sur 100 millions, il ont eu raison de tenter le coup. Car, à ne pas se battre, on perd forcément.

Personne, je crois, ne s'était attendu à un tel combat, à une lutte aussi longue. Et Martinou, en face, pas plus qu'un autre: il voulait expédier ça en vitesse et, le moins qu'on puisse dire est qu'il en a eu pour son argent, question durée. Enfin, pour l'argent de Swissmetal. Et le cuivre aussi. Et le spectacle n'est pas terminé, même s'il n'a plus de quoi payer.

D'ailleurs, Martin Hellweg et son compère Fridou font les carpes, en ce moment. Leur petites informations mesquines du vendredi ont disparu. Il faut dire qu'ils doivent nager dans des eaux bien boueuses, pour trouver une source potentielle d'argent frais. En Suisse, leur banque ne les veut plus. Les autres banques suisses en savent certainement assez sur Swissmetal pour se confondre en excuses à propos d'une non-entrée en matière. Quant aux banques étrangères, elles doivent se demander pourquoi une entreprise suisse va chercher des sources de financement ailleurs que dans son pays d'origine, où ce genre de services ne manque pas... Mais qui sait, peut-être Martinou trouvera-t-il quelqu'ami pour l'aider (mais pas charitablement, il y a des limites chez les amis de Martinou) dans son Allemagne natale? Ou alors carrément dans un lieu plus exotique?


Alors, Swissmetal qui coule, disons-le, c'est plutôt une bonne nouvelle. Et Swissmetal coule, car l'entreprise n'a plus de ligne de crédit, et un faible stock que des inspecteurs de l'Etat viennent contrôler. De plus, Swissmetal perd de l'argent dans sa production: les quelques chiffres disponibles sur Busch-Jaeger sont trompeurs, semble-t-il (aucun amortissement des machines ne serait comptabilisé!), quant à l'usine de Dornach, elle fait perdre de plus en plus d'argent au groupe. Et la Boillat, dans l'état actuel des choses, aussi, mais pas pour les raisons avancées par Swissmetal. Yvonne Simonis, lors de la conférence de presse destinée à annoncer les chiffres du groupe, avait relevé que la productivité des employés de la Boillat est normale. Elle accusait donc les malades d'être à l'origine de la baisse de productivité. Cependant, le nombre de malades étant finalement bien inférieur à celui annoncé, on ne peut qu'imputer la baisse de productivité au management déficiant et, bêtement, à la pénurie de matière destinée à fournir les machines.

Autre raison de conserver un certain optimisme, la bonne santé économique de l'industrie dans le Jura bernois. L'euphorie du Siams le démontre largement, il n'y a que pour Martin Hellweg que la conjoncture était mauvaise en 2005. Pour les autres, l'année écoulée s'est plutôt bien passée et celle en cours est très prometteuse. Dans ces conditions, la disparition de la Boillat serait une véritable catastrophe pour tout ce tissu industriel, ce qui laisse penser qu'une fonderie de cuivreux dans la région est tout sauf une aberration économique. La Boillat est une pièce centrale de l'industrie régionale, et elle le reste!


Un bébé dans le dos?

Souvenons-nous: Giorgio Pagani, patron de Premec S. A., leader mondial de la pointe de stylo, s'était publiquement plaint de ne plus être correctement livré par Swissmetal. Pourtant, du point de vue de la valeur ajoutée, Premec, utilisant des maillechorts (à valeur ajoutée plus élevée que les laitons) dans 25% de sa production, aurait dû être favorisé par rapport à l'autre gros client de la Boillat pour ce qui est des pointes de stylo (qui commande uniquement des laitons). Ca n'a pas été le cas, et c'est le second client qui a la priorité sur Premec depuis la suspension de la grève.

Ce second client a, m'a-t-on dit, toujours eu des relations directes avec Martin Hellweg, en plus de ses relations avec les vendeurs de la Boillat. De plus, son partenariat avec la Boillat est moins serré que celui de Premec, et il est côté en bourse (donc moins sujet à des réflexions concernant la loyauté). De plus, sa très grande taille l'influence d'une manière particulière, alors que Premec et la Boillat sont 2 entreprises nettement plus petites, et de taille comparable.

Dernière nouveauté en date, selon Swissmetal: ce client désirerait maintenant 2 sources d'approvisionnement. L'hypothèse est donc celle d'un déplacement de certaines machines de la Boillat vers Busch-Jaeger. Ce qui ne ferait toujours qu'une source d'approvisionnement puisque, dans cette optique, la Boillat cesserait de produire, mais passons, ils ont l'air d'avoir de la peine à compter. Bien sûr, cette demande est assez absurde, puisque dans ces conditions, la qualité, le jour où la production aura démarré à Lüdenscheid, risque d'en prendre un coup, et sévère.

Le client en question s'est-il imaginé que c'était là le moment d'utiliser cette option pour jouer un tour à la concurrence? En tout cas, en agissant ainsi, il risque de donner à Swissmetal une perfusion très malvenue, pour la Boillat comme pour le monde des stylos à bille qui ne coulent pas (encore).

Swissmetal coulera-t-il avant les stylos à bille? Affaire à suivre...

vendredi, mai 12, 2006

La Boillat au Siams

Le stand Swissmetal

Swissmetal a, comme à chaque édition, un stand au Siams. Particularité, désormais, bien connue, du stand de cette année: il est vide de chez vide. Seul un monsieur tombé là on ne sait trop comment est chargé de distribuer un dépliant et le numéro de téléphone de Rodi le danseur. Il est piquant de constater que les seules personnes au sein de Swissmetal à se préoccuper de l'état lamentable du stand de leur entreprise sont les Boillat. Quant aux autres exposants du Siams, ils se posent aussi des questions sur la santé mentale de la clique qui dirige Swissmetal. (Merci P. pour la photo!).

Mercredi, heureusement, quelques têtes connues, portant une pancarte avec inscrit "licencié" dessus, étaient là pour redonner vie à ce triste lieu. Une vie certes plus revendicative qu'à l'accoutumée, mais une vie tout de même. Karl se répète, mais enfin, c'est ubuesque, tout ça. (Merci uZine3 pour la photo!).


Les clients donnent de la voix

Au Siams, Dominique Lauener (patron de Lauener et Cie S.A., à Boudry, NE) et Giorgio Pagani (patron de Premec S. A., à Cadempino, TI), se sont décidés à lancer un appel. On a notamment entendu G. Pagani expliquer sur la RSR, dans Forums, à quel point son entreprise était mise dans une situation difficile par Swissmetal. Premec et la Boillat, c'est en effet une longue histoire de partenariat, et de rapports de confiance. Là, la confiance est rompue, entre Swissmetal et Premec: ni les délais, ni les quantités, ni la qualité ne sont respectés. C'est le chaos.

Premec, leader mondial de la pointe de Stylo, a de très grosses craintes quant à son avenir, si la Boillat venait à ne plus pouvoir livrer. Pourtant, Friedrich Sauerländer se contente, d'après la RSR, de signaler qu'il est très attristé par le fait que le patron de Premec accuse publiquement Swissmetal. Et G. Pagani, qui à voir est pourtant très flegmatique, d'avoir la moutarde qui lui monte au nez quand il entend le nom de Fridou. On le comprends: lui, il connaît Fridou en vrai... Imaginez-vous!

Au TJ région du 11 mai, sur la TSR, lorsque le journaliste lui demande "tout ça à cause de Swissmetal" G. Pagani répond: "C'est ça, exactement. Parce que pendant des années on a bâti et puis, tout à coup, on est en train de détruire. Mais, malheureusement, on n'est pas en train de détruire ensemble: c'est une opération unilatérale".

Toutefois, D. Bachmann, auteur du reportage de la TSR, se trompe lorsqu'il annonce, reprenant les chiffres de Swissmetal, 60 malades à la Boillat. Ils sont désormais, en réalité, 34.

Dominique Lauener (voir les articles du Journal du Jura), revient sur l'absurdité des décisions de Swissmetal. De plus, il parle, pour la première fois, d'une offre de rachat de la Boillat. Elle fut repoussée par Swissmetal sous prétexte qu'elle était peu sérieuse. Bien sûr, même si D. Lauener n'articule pas de chiffre, il n'est pas de cet avis. D'après ce que sait Karl, avec cette offre pas sérieuse, il y avait de quoi s'offrir un multipack de Busch-Jaeger (payé environ 9,9 millions par Swissmetal, plus 14,8 millions de reprise de dettes).

Chose assez nouvelle de surcroît, ces 2 patrons, ainsi que Maxime Zuber, s'entendent pour dire que Joseph Deiss devrait se mêler un peu plus de ce qui le regarde, à savoir d'économie. M. Zuber souligne que si J. Deiss a à charge de préserver les conditions cadres nécessaires à un bon fonctionnement de l'économie, la position stratégique de la Boillat dans le tissu industriel helvétique fait qu'elle est une partie desdites conditions.


Le Béat de la Chapelle

Beat Kappeler est à l'interview dans le Journal du Jura. C'est, sans surprise, inintéressant au possible. Si vous lisez cette interview, demandez-vous quelle est la différence entre nous et Beat Kappeler. Allez, voici la réponse: lui, il est payé pour tenir des conversations de bistrot (à l'heure où le patron a déjà offert la tournée), tandis que nous, on paie (sauf la tournée du patron).

Pour le plaisir, toutefois, voici une des grandes phrases assenées avec une certaine béatitude, il faut le dire: "Il ne sied pas à un observateur extérieur de se prononcer sur des individus qui sont partie prenante du conflit ni de donner de mauvaises notes à un des côtés en particulier". Si vous lisez Le Temps, ou n'importe quel texte écrit par notre défenseur de la chapelle "libérale" (les guillemets sont là pour signaler que les théories économique libérales ne sont pas aussi naïves que ce qu'en dit B. Kappeler), il vous sera amusant de relever que l'auteur y fait exactement le contraire de ce qu'il dit dans l'interview. Beat Kappeler se place toujours en donneur de leçons et décerne donc toujours de bonnes et de mauvaises notes.

Mais là, il est coincé le pauvre: son coeur bat pour Martinou, mais sa raison lui indique que son image d'érudit (j'en vois qui rigolent) risquerait de prendre un coup. Et voilà, pour avoir sa chronique hebdomadaire dans un journal, il faut savoir brosser le lecteur (qui soutient les Boillat, cet abruti) dans le sens du poil. Et aussi, comme le courage est une vertu innée de l'intellectuel, Beat Kappeler a peut-être eu l'idée de ravaler un peu sa franchise, à l'idée que sa conférence aurait lieu auprès d'un public frondeur.


Laxey vs Saurer

Le match entre Laxey et Saurer, c'est 1-1 (voir par exemple l'article du Temps). Laxey reçoit son siège d'administrateur et Saurer reçoit donc Rabl sur le râble (50,97% de voix pour, et un mauvais jeu de mots en prime). Saurer verse 1,80 francs de dividende au lieu de 9,45 francs (proposition retirée par Laxey). Selon Laxey, le retrait de la demande délirante sur les dividendes vient du fait que Saurer aurait finalement été plus transparent sur sa politique de d'acquisition. On croirait entendre Martinou se justifier, tiens. En fait, la présence d'un nombre élevé d'actionnaires soutenant la direction de Saurer semble avoir indiqué à Preston le râble que le vote serait perdu à coup sûr.

Laxey est le plus gros actionnaire de Swissmetal, avec environ 10% du capital-action. De l'avis de Karl, cette petite sangsue est venue se coller à Swissmetal en considérant l'action comme sous-évaluée (ce qui est défendable). Ils sont arrivés en pleine grève en se disant que Martinou briserait la grève, ce qui ferait monter l'action un bon coup, et lui permettrait d'appliquer sa "stratégie" sans obstacle. C'est raté.

jeudi, mai 11, 2006

Ben... Euh...

Une journée de Karl

L'"édito" du jour est un peu minuscule, pardonnez-m'en. Pour Karl , mercredi a été, comme toujours, une journée Boillat, même si le résultat n'est pas visible. Des téléphones, des emails, lire un article par-ci, écouter la radio par-là, avoir une pensée émue pour ce pôôôvre Martinou qui doit courir de banque en banque pour obtenir une nouvelle ligne de crédit (il doit en faire, des kilomètres, pour trouver un banquier qui ne connaît pas Swissmetal), et bien sûr aller voir les commentaires sur le blog.

Et puis la Souris d'or, et puis le stock (des inspecteurs de l'Etat suisse visitaient Swissmetal mercredi pour inventorier le stock obligatoire), et puis une rencontre vers une gare. Et puis Sam Furrer qui explique que, si le stand Swismetal du Siams est vide, c'est parce qu'ils veulent calmer le débat (surtout, aucun bouc émissaire n'a pu être poussé au front pour aller se faire traiter d'incapable par tous les clients insatisfaits). Et encore lire les journaux, en particulier le Journal du Jura, qui reparle du Siams, et des craintes des décolleteurs de la région.

Quelles journées, avec la Boillat! Je ne sais pas comment sont les vôtres, mais un jour, on se demandera si vraiment c'est arrivé, vous ne croyez pas?

mercredi, mai 10, 2006

Un sacré cinéma

Kapo et cinéphile

A la Boillat, la nouvelle de mardi était assurément qu'un jeune cinéaste plein de talent exerce dans ses murs, à ses heures perdues. Pensait-il présenter un documentaire en forme de Reality show au festival de Cannes? Voulait-il mettre en valeur les talents d'acteur de ses collègues? Nous ne le saurons peut-être jamais.

Tout est qu'une webcam, judicieusement placée dans un carton muni d'un petit trou et reliée à un ordinateur portable, filmait l'activité d'un des bureaux de la Boillat, celui du cinéaste en question, ainsi que d'autres collègues. Il semble que le cinéaste voulait immortaliser ses collègues en train de poser de petits mots doux sur son clavier ou d'utiliser son ordinateur. Rien n'est clairement établi à ce propos. Le cinéaste, toujours lui, est plutôt kapo que Boillat, d'ailleurs, et l'on se demande dès lors si son producteur ne se situe pas quelque part dans le haut de la hiérachie de Swissmetal, toujours prête à promouvoir les jeunes talents.



Une fois le montage découvert, Henri Bols, flanqué de son Wilmar favori, s'est empressé de minimiser le cas. Notons que, si un Boillat avait fait une telle chose, il était viré séance tenante pour faute grave. Là, probablement sensible à la créativité de notre artiste de la webcam, il n'y a ni faute grave, ni licenciement. Mais l'ordinateur portable et son contenu n'ont pas pour autant été confiés à Henri Bols. Pour le moment, la direction de Swissmetal couvre donc le coupable, ce qui en dit long sur sa volonté de favoriser ce genre de vocation.


Echanges de lettres

Les Boillat ont reçu aujourd'hui la réponse de Swissmetal à la lettre de leurs commissions. On se souvient tous qu'elle avait été adressée au conseil d'admnistration de Swissmetal, via Friedrich Sauerländer. Pourtant, ce n'est pas Fridou qui répond, c'est Henri Bols, en bon lampiste. Enfin, il y a son nom, sans signature comme toujours, au bas de la lettre, probablement rédigée par les communicateurs du groupe. Le style inimitable de naiserie malhonnête est en effet bien présent.

Les accusations portées par les commissions du personnel seraient, tenez-vous bien, ça décoiffe... "irrespectueuses". Il faut oser, écrire ça, reconnaissons-le. Parler d'une "équipe maladie", par contre, ce n'est pas irrespectueux, voyons. De plus, ces critiques "ne correspondent en rien aux efforts de communication et de transparence que nous avons réalisés ces dernières semaines". Allô la terre? Ici Sirius. Efforts de transparence... Juste entre nous, le rapport annuel 2005 de Swissmetal n'est toujours pas disponible en français. Quant aux efforts de communication, la lettre en est en elle-même une magistrale leçon. "Dooormez, je le veux!"


Siams

Au Siams, à Moutier, le stand de Swissmetal reste désepérément vide: un monsieur a été parachuté là, recruté on ne sait trop comment (un securitas en civile, d'après ce que Karl en sait), et est chargé de remettre des dépliants ou le numéro de téléphone d'un vendeur à qui en fera la demande.

Toutefois, il y avait un peu d'ambiance, à propos de Swissmetal, grâce aux Femmes en colère, qui ont profité du passage de Joseph Deiss pour tenter de lui arracher quelques explications. Malheureusement, comme il l'a dit "Je vous ai expliqué ça hier, si vous lisez le journal..." Le réexpliquer le lendemain, était-ce si dur? Trouver quelques mots sympathiques, était-ce impossible? J. Deiss n'est pas un personnage doué pour les contacts humains, décidément. A ce sujet, on trouvera un reportage sur la RSR, au journal de 12H30, ainsi qu'une dépêche.

Pendant ce temps, Béat de la Chapelle prépare toujours son préchi-précha pour sa conférence du vendredi 12 mai. Hier, je parlais d'ailleurs de La Légende dorée, glissant une blague qui semble, au final, assez tordue. En cliquant sur le lien, le mystère du livre que Beat Kappeler pourrait écrire sur ses amis les patrons de la pire espèce va tomber. Comme quoi, il a beau être un fervent pratiquant des "réseaux mondialisés", il reste malgré tout un usager des bonnes vieilles méthodes du Moyen-âge pas mondialisé (enfin, c'est ce qu'il croit). Mais pourquoi pas, maintenant qu'on a l'Inquisition version Swissmetal?

Maxime Zuber, quant à lui, a prononcé son discours d'ouverture, que voici. Une citation vous donnera le ton:

"Plutôt que de céder à l’éblouissement du monde virtuel de la finance, il faut miser sur ceux qui, concrètement et quotidiennement, se battent à la tête de leur entreprise dans une région où ils ont leur racine et où ils ont tout risqué. Nos entreprises ne vendent pas du vent ni des chimères ; elles ne proposent pas de jeu stérile basé sur les mouvements de capitaux".

M. Zuber remercie aussi, dans des termes très chaleureux, Elisabeth Zölch et Joseph Deiss pour la part qu'ils ont pris dans les tentatives de résolution du conflit de la Boillat, tout en mentionnant que l'"hellwegisation" de la société est innacceptable.

Toujours sur le Siams, on peut lire l'article de Serge Jubin dans Le Temps. Si, selon lui, tout a l'air de bien aller au Siams, sinon ne saurait oublier l'"ombre de la Boillat", qui plane (Et si S. Jubin ne plane toujours pas, on le retrouve donc qui parle de la Boillat: c'est bon signe!).

mardi, mai 09, 2006

Ca bouge, si, si!

Finan$$e

Il se passe des choses pas très reluisantes à la Boillat et, comme toujours, l'auteur en est Martin Hellweg. D'abord, il s'est débrouillé, en malin petit escroc, pour faire entrer des investisseurs absolument pas intéressés à la survie de l'entreprise. Laxey tout d'abord, puis maintenant de Fidfund, qui appartient à GEM, une entreprise dont le directeur n'est autre que Friedrich Sauerländer. Laxey, en ce moment, vit des démêlées avec Saurer: ses propositions soumises à l'assemblée des actionnaires (un énorme dividende aux actionnaires, et la mise en place d'un administrateur de chez eux) ne poursuivent que le profit immédiat, quitte à mettre Saurer dans de grandes difficultés.

Le Temps du samedi 9 mai proposait une interview du patron de Saurer (lien payant), Heinrich Fischer, dans laquelle ce dernier n'y allait pas par 4 chemins, notamment en dénonçant les conflits d'intérêts plus que probables si Laxey vient à placer son pion au conseil d'administration de Saurer. En effet, c'est Preston Rabl, le président de Laxey, qui est proposé par Laxey à ce poste. Dans Le Temps d'aujourd'hui, Roger Bühler, patron de Laxey, a la parole. Roger est l'homme des excuses vaseuses et mielleuses. Il va carrément reprocher à Saurer son manque de transparence, alors que sa société est domiciliée dans l'Ile de Man, un paradis fiscal, et ne communique à peu près rien sur ses activités (vous pouvez vérifier sur le site Internet de Laxey). Bien sûr, Preston Rabl ferait très attention à sa position d'initié, et respecterait le droit en ne mélangeant pas ses multiples casquettes (n'est-ce pas Fridou?). Bien sûr, Laxey est là pour investir sur le long terme, avec une vision industrielle (malheureusement, nous ne saurons pas laquelle. C'est un peu comme la "stratégie" de Martinou: il faut toute une enquête pour découvrir qu'elle n'existe pas).

Un encart de l'article signale par ailleurs que Laxey soutient la direction de Swissmetal. Le contraire eut été une grosse surprise, tant les pirhanas ont toujours su s'entendre pour dévorer un bon boeuf bien gras. D'ailleurs, le journaliste ne croit pas une seconde aux tours de passe-passe de R. Bühler, pas plus que nous ne croyons à ceux de Martinou. Si R. Bühler venait un jour à tomber le masque, on risquerait de découvrir le faciès de Martinou, tant leur manière de s'exprimer se ressemble. Le clonage fait des progrès énormes, dirait-on: après les brebis et les vaches, on en est aux vautours.

Bref, M. Hellweg et F. Sauerländer s'arrangent maintenant pour que le capital-action de Swissmetal tombe entre des mains amies (enfin, avec des amis comme ça, je les plaindrais presque) dans le but de faire voter des objets délirants à l'assemblée générale des actionnaires de Swissmetal, le 30 juin. Car, qu'on ne s'y trompe pas, cette assemblée a pour objectif d'imposer un ultimatum aux actionnaires. Sinon, pourquoi la placer de manière à ce qu'il soit impossible de la repousser?

Néanmoins, même là, le combat continue, et Martinou ne s'en sortira pas aussi facilement. Quelques personnes se sont décidées à coordonner les actionnaires de Swissmetal pour lesquels les mots "éthique" et "long-terme" ne sont pas totalement vains. Voici leur appel:

Afin de ne pas laisser les mains libres aux actuels dirigeants de Swissmetal, pour placer le conseil d'administration devant ses responsabilités et pour en exiger des comptes sur les décisions aveugles et arbitraires qui compromettent l'avenir de Boillat et partant du groupe entier, il est indispensable d'intervenir au niveau de l'actionnariat à l'occasion de l'assemblée générale du 30.06.2006.

Vous pouvez nous aider à agir et agir vous-même de plusieurs manières:

-si vous êtes déjà actionnaire, en nous le faisant savoir à l'une des deux adresses indiquées plus bas.
-si vous ne l'êtes pas encore, en le devenant et en nous le faisant savoir ensuite. Posséder une seule action peut suffire (cours actuel entre 16 et 17 francs). Vous pouvez en acquérir via votre banque qui saura aussi vous informer sur la marche à suivre en vue de prendre part à l'assemblée générale.
-si vous êtes assuré auprès d'une caisse de pension et/ou si vous avez confié un capital à un gestionnaire, en leur demandant s'ils détiennent des actions Swissmetal dans le porte-feuille qu'ils gèrent pour vous. Nous vous proposons deux modèles de lettre à cette fin. Si la réponse obtenue est positive, vous voudrez bien aussi nous en informer à une des adresse indiquées.

Un appel par voie de presse est également en préparation.

Les actions Swissmetal sont référencées UMS METALL I (UMS) n° 257'226 au SWX market.

Voici les deux adresses disponibles en vue de recueillir vos informations:

swissmetalinvest, CP 67, 2732 Reconvilier (par poste)

swissmetalinvest@yahoo.fr (par courriel)

Porter la lutte sur le plan du capital, dénoncer les aberrations du CEO et l'absence de vigilance du conseil d'administration, c'est peut-être ce qui gênera et déstabilisera le plus ceux qui sévissent aujourd'hui à la tête de Swissmetal, mettant en péril l'existence de Boillat et donc du groupe dont elle est la poule aux œufs d'or.

Toute contribution à cette action servira Boillat, son avenir, celui de son personnel, de ses clients et de la région!

De plus, des lettres-type ont été conçues, pour aider les intéressés dans leur démarches, et sont disponibles ici en téléchargement. La première est destinée aux institutions de prévoyance, tandis que la seconde est destinée aux établissements financiers.


Côté Boillat

A la Boillat, Martinou déploie sa stratégie de destruction. Pendant que l'expert expertise, Martinou tente en effet, par tous les moyens, de transférer tout ce qui l'intéresse de la Boillat vers Lüdenscheid et Dornach. Les cadres de Dornach, ayant compris l'ampleur de leur retard, tentent en effet de se rattraper en surveillant avec minutie chaque faits et gestes des Boillat, pour ensuite tenter de les reproduire ailleurs. De plus, il semblerait que certaines pièces stratégiques développées sur place soit en instance d'être enlevées. Il ne parviendront décidément jamais à inventer quoi que ce soit, ces petits voleurs... Alors ils s'essaient à la copie.

Une autre méthode, dont le bruit court, consiste à ventiler la production de certaines commandes faites à la Boillat vers Busch-Jaeger et Dornach. Vu les dommages subits par la Boillat (les 2 séries de licenciements), la qualité est en baisse. Alors, tant qu'à faire moins bien, autant le faire ailleurs, où la mauvaise qualité n'a jamais été constitutive d'une volonté d'amélioration. C'est du moins le calcul, semblerait-il, de Roderick Tanzer. Les clients apprécieront, surtout ceux qui doivent certifier leurs produits pour l'aviation, où les normes de sécurité sont drastiques (on ne s'en plaindra pas) et qui demandent de ce fait des produits 100% Boillat. Les autres aussi, d'ailleurs, apprécieront, sans aucun doute.

Autre petit bruit persistant: un assez important client de la Boillat a voulu s'informer auprès de Swissmetal des solutions trouvées aux problèmes de baisse de qualité. Il aurait reçu, pour toute réponse, l'interview de Martinou à la NZZ. Karl, parfois, se demande si Martinou, au travers de sa dictature chez Swissmetal, n'a pas pour unique objectif la production d'une statue géante à son effigie, en laiton massif. Au fait, c'est une presse, ou un moule, qu'ils construisent à Dornach?


Manifestation

Une date a été arrêtée pour la prochaine manifestation de soutien à la Boillat. Ou plutôt une paire de dates. Il s'agit des 10 et 11 juin 2006, à Reconvilier. Un comité d'organisation a été mis en place et se met au travail dès à présent. Il s'agira d'un événement festif et causant, constitué de divers concerts et forums. Les objectifs sont de poursuivre la lutte pour sauver la Boillat, de concevoir, au travers de débats, une initiative populaire fédérale destinée à empêcher le drame que vit la Boillat, et d'autres drames de ce type, et enfin de faire un peu la fête (quand même!).


Pierre Kohler refait parler de lui

Déjà, certains tentent de le propulser au Palais fédéral, comme successeur de Joseph Deiss. Il ne dit pas non, comme on s'en doute. Mais face aux actuels poids lourds du PDC... Enfin, là n'est pas la question. Pour autant, Pierre Kohler ne se décide pas à travailler dans l'ombre, ou du moins, il en sort parfois.

En ce qui concerne la Boillat, Pierre Kohler, selon le Journal du Jura, est l'auteur d'une nouvelle question adressée au Conseil fédéral. Ils ne peuvent rien faire, certes, là-haut, mais tout de même, il faudrait voir pour, semble indiquer le conseiller national. P. Kohler souligne en effet que l'état de Swissmetal est préoccupant, et qu'il doute que cette entreprise soit capable d'assumer toutes ses charges vis-à-vis de l'Etat. Il cite notamment le prêt fédéral pour le stock obligatoire, la charge que l'assurance chômage risque de devoir supporter en cas de faillite du groupe, et surtout le financement de l'assainissement des sites contaminés.


Au Siams

Comme on sait, le Siams a invité Beat Kappeler pour venir s'exprimer sur un sujet qu'il ne connaît pas (mais ça ne fait rien, il a l'habitude) et il donnera une conférence intitulée: "L'industrie des machines dans l'ère des réseaux mondialisés - les chances, les succès". Ca fait intelligent comme titre, non? "L'ère des réseaux mondialisés", si seulement je pouvais comprendre ce que ça veut dire, au fond. Car un réseau mondialisé est-il tellement différent d'un réseau pas mondialisé? C'est quoi, un réseau, au sens où l'entend B. Kappeler? Et l'industrie des machines, n'est-elle pas mondiale depuis longtemps? Quelque chose comme 2 siècles?

Bref, Karl n'analysera pas ce titre plus loin, car il s'agissait juste de voir que sous le couvert d'un vocabulaire pseudo-spécialisé, Beat Kappeler joue un peu à celui qui fait pipi le plus loin, dans une version, reconnaissons-le, très érudite. Vous pouvez, de plus, suivre ses records, semaine après semaine, dans les colonnes du Temps, où le jeu prend des allures de compétition worldwide networkée (euh, de réseau d'envergure mondiale).

Mais il faut comprendre Beat Kappeler, et compatir: ancien syndicaliste, il en avait marre de toujours perdre ses combats. Il en avait marre de la loose. Il voulait faire le beau, faire le fort, inventer des titres ronflants et écrire des textes qui lui renverraient une image positive de lui-même, devenir enfin un winner. Pour cela, il fallait être du côté des gagnants, c'est-à-dire, selon Beat Kappeler, des patrons (quitte à ce que ces derniers se nomment Martin Hellweg, vu les remarques qu'il a eu sur la Boillat). Mais, comme il n'était pas en mesure de devenir lui-même un patron, le Béat a pris sa plume pour raconter qu'il est comme eux, à la manière de ces gens qui vont à tous les concerts de Johnny, s'habillent comme Johnny, essaient de chanter comme Johnny, et espèrent ainsi être Johnny. Mais ils restent toujours eux. Bref, notre Béat écrit La Légende dorée de "l'ère des réseaux mondialisés" et espère ainsi devenir un saint... Patron.

Pour en écouter un chapitre, rendez-vous à la Salle des fêtes de Reconvilier, le vendredi 12 mai à 19H30.


Brève

Le Journal du Jura a pris la peine de mentionner la nomination de "Une voix pour la Boillat" au concours de la Souris d'or. Normalement, ce sera aussi discuté sur RJB.

lundi, mai 08, 2006

Au boulot, Karl, c'est lundi!

La Souris d'or

"Une voix pour la Boillat" a été nominé au concours de la Souris d'or! Pour la victoire éventuelle, rendez-vous le 18 mai 2006, à 17H, au salon Orbit-iEX (foire suisse des technologie de l'information et de la communication. Site Internet en allemand et en anglais, merci à ces grands communicateurs). Pour être sur place, il faut remplir une invitation, disponible sur le site.

Dans la catégorie "politique", "Une voix pour la Boillat" se retrouve face à 4 concurrents, choisis, me semble-t-il, pour couvrir l'ensemble de l'éventail politique.

A la droite très très à droite, nous avons commentaires.com, blog d'un donneur de l'eçons qui refuse à tout le monde, sauf lui, la possibilité de donner des leçons. Ainsi, sa première leçon sur la Boillat consiste à dire que même si la "stratégie" de Martinou n'est pas la bonne, elle est quand même la meilleure, parce que Martinou est un patron, et ceux qui ne sont pas d'accord, un bande de syndicalistes (pouah!), de journalistes (berk!) ou, pire que tout, des sentimentaux. Oui, une stratégie peut être erronée, mais qui sommes-nous pour en juger, nous explique l'auteur, sur un ton dont le paternalisme n'est pas sans rappeler certains courriers de Martinou.

Mais ce n'est pas tout, l'auteur s'est fendu d'un deuxième texte, le 15 février. La bonne vieille histoire de l'Etat qui ne doit pas se mêler d'économie, au point que l'auteur parle même de "Corée du nord" (il ne doit pas y passer ses vacances, pour tirer de telle comparaisons). Pourtant, lorsqu'il créé des normes antipollution, l'Etat se mêle d'économie. Lorsqu'il interdit la gestion déloyale aussi. Mais là, non. C'est trop vilain, que l'Etat aille "exiger des décisions contraires aux intérêts de l'entreprise". Bref, c'est très bien informé, et surtout ça vole haut, tellement haut que je n'aurai pas besoin de bêcher mon jardin cette année.

Le deuxième blog est celui de Ludovic Monnerat, de Moutier, et s'intitule Stratégie, prospective et infosphère. L'auteur est un militaire de carrière (il écrit qu'il est major) et travaille pour que nos soldats se sentent utiles durant leurs cours de répét', en leur montrant qu'ils ont des objectifs bien réels. Tâche ardue, donc.

Dans son article sur la Boillat, L. Monnerat, avouant son peu de connaissances en économie, fait preuve d'ouverture au lieu de s'enfermer dans des certitudes. Même si Karl n'est bien souvent pas du même avis que l'auteur (entre autres, ses commentaires manquent souvent de donner la profondeur historique du problème traité, et sont parfois franchement va-t-en-guerre... Une manière de défendre son emploi?), y compris dans le cas de la Boillat, force est de relever qu'au lieu de partir d'un point de vue préconçu et de déformer la réalité pour qu'elle y corresponde, il tente d'émettre un jugement au moyen de la documentation dont il dispose.

Le troisième blog, Rebell.tv, prend la forme de petites vidéos téléchargables. Comme c'est en allemand, Karl réserve son avis de francophone convaincu et limité. Pour le peu qu'il en a vu, ce blog (qui ne parle pas de la Boillat) propose un contenu intéressant, avec quelques éclats de rire en perspective.

Le dernier blog de la catégorie "politique", Swissroll, est le fait de quelqu'un dont le sentiment d'être dans le vrai est assez... vaste. Donc, il n'a pas toujours tort, le monsieur, mais on se pose parfois des questions. Il est l'auteur de quelques brèves remarques sur la Boillat, brèves mais pas fausses, dont les conclusions sont toutefois assez bizarres.

Conclusion: dans la catégorie "politique", on rencontre 5 blogs, dont 4 sont en français, et parlent tous de la Boillat. Le cinquième, suisse-allemand, n'aborde pas la question. J'espère donc que "Une voix pour la Boillat" gagnera ce concours, car il y a grand besoin d'informer nos amis suisses-allemands, et ce serait là une belle occasion!


Lettre ouverte

Françoise, auteure d'un commentaire reproduit dans l'"édito" du 18 avril 2006, a envoyé une lettre ouverte à différents médias. La voici:

Lettre ouverte à Martin Hellweg

C'est avec indignation que j'ai lu dans la presse de samedi dernier vos accusations au sujet de la soixantaine d'employés de la Boillat qui sont actuellement en arrêt maladie. Je fais malheureusement partie de ces employés, pour quelques semaines encore puisque vous m'avez licenciée, et ne peux donc pas laisser passer de telles accusations sans réagir. Qui, à part un médecin, a le droit de juger de l'état de santé d'une personne? De quel droit vous permettez-vous de remettre en question la validité de leur certificat médical?

Vous accusez ces gens, vos employés, d'avoir instauré une "équipe maladie" et d'entraver gravement la production du site de Reconvilier. Ces hommes et ces femmes, à qui vous voulez à tort faire endosser la responsabilité de la situtation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd'hui la Boillat, je les connais, je les ai côtoyés durant de nombreuses années et je peux affirmer haut et fort qu'ils ne sont ni des profiteurs, ni des malades imaginaires. Ce sont tout simplement des êtres humains qui ne demandaient qu'à effectuer leur travail dans des conditions décentes, des êtres humains qui se sont battus de toutes leurs forces, avec toute leur énergie et leur détermination pour tenter de sauver une entreprise pour laquelle ils se sont investis depuis des années, une entreprise à laquelle ils s'identifiaient, une entreprise dans laquelle, jusqu'à votre arrivée à la tête de Swissmetal, ils avaient du plaisir et de la fierté à travailler, des êtres humains qui ont lutté pour sauver leurs places de travail dans un coin de pays qui est le leur et qu'ils aiment, pour que leurs enfants puissent avoir un avenir dans cette vallée de Tavannes qui vit principalement grâce à la Boillat.

Mais vous, M. Hellweg, avec l'aide de vos sbires, ces gens vous les avez délibérément cassés, brisés, broyés, réduits en miettes par vos pressions, vos bassesses, votre malhonnêteté, vos sarcasmes et autres mensonges. Et maintenant, non content des les avoir humiliés, détruits, eux, leurs familles et leurs proches, vous vous permettez de les fustiger, de leur faire porter la responsabilité de vos actes irresponsables ?

M. Hellweg, nous ne nous battons pas à armes égales. Vous avez le pouvoir et l'argent, nous avons notre courage et notre dignité, nous avons le soutien et le respect de toute une population. Mais, hélas pour vous, ces valeurs-là vous ne les connaîtrez jamais car pour cela il faut avoir un coeur.

La Boillat est en train de mourir, mais la Boillat un jour revivra car un tel fleuron ne peut tout simplement pas disparaître.

Françoise


Brèves

Nicolas Wuillemin a reçu un prix, au nom des Boillat, de la part de la Société jurassienne d'émulation. Pas de précisions sur le site de cette organisation, mais merci à eux pour leur solidarité!

Le Journal du Jura publie aujourd'hui une longue interview de Joseph Deiss, qui sera présent à l'ouverture du Siams. Dans cet article, J. Deiss laisse entendrs que sa sympathie va du côté des Boillat, même s'il nous ressert son refrain sur l'impuissance étatique. Dans la presse érgionale, il ne risque pas de s'attirer les foudres de l'UDC (Ueli Maurer ne devant pas s'intéresser de près au Juju et l'UDC régionale s'occupant activement, mais dans l'ombre).

samedi, mai 06, 2006

Le calme avant la tempête?

Vendredi

Vendredi, sur le blog, a été une journée surprenante. Plus de 1'000 visites, comme chaque jour, mais très peu de commentaires. L'"édito" du jour était-il donc si assomant? Ou est-ce parce que personne n'a trouvé l'âge du capitaine, qui reste donc, malgré tous les effrots, un mystère?

Il semblerait plutôt que nous sommes tous, une nouvelle fois, plongés dans une phase d'attente. Rien ne filtre, du côté Swissmetal, mais la direction tene, d'un côté, de rassurer les clients, et de l'autre, de poursuivre suppression de la Boillat. Plus discrètement, Martinou est ses sbires sont certainement en train de chercher de quoi porter un nouveau coup. Cependant, leur silence nous informe aussi du fait qu'ils ne sont pas tout à fait à l'aise dans leurs basques.

Les commissions du personnel de la Boillat ont toutefois envoyé un courrier à Friedrich Sauerländer pour lui signaler que sa malhonnêteté, bien qu'irrécupérablement constitutive de sa mentalité, ne passe pas inaperçue. Ce courrier a aussi été affiché dans la Boillat. Le moins qu'on puisse dire est que le ton y est franc et direct. Les choses y sont dites clairement, et Karl ne peut que recommander la lecture de cette lettre, puisqu'elle résume la situation et permet de refaire une mise au point, bien utile vu la quantité d'informations dont nous disposons.

Enfin, les remarques concernant le rapport annuel 2005 de Swissmetal, ainsi que le rapport trimestriel 2005, publiées dans les 2 derniers "éditos", ont été revues et compilées dans un seul document (utilisable en toute liberté).


Le week-end

Karl s'autorise une nouvelle pause, et ne publiera donc pas d'"édito" dimanche matin, à part en cas de nouvelle importante. Karl vous souhaite à tous de beaux moments ce week-end, même si le soleil semble être décidé à ne pas se montrer, et vous remercie pour votre présence.

La Boillat Vivra!

vendredi, mai 05, 2006

Toutes ces choses à dire (2)

Swissmetal, la restructuration déstructurée stratégique

Comme on sait, Daniel Brendel, ancien vice-président exécutif de Swissmetal, a plié bagages. Ca, c'est la version gentille. La version franche est, plus probablement, qu'il s'est fait mettre dehors avec la marque d'une chaussure italienne (Martinou est germanophile, mais adepte de vêtements de luxe) imprimée dans la fesse (gauche ou droite? Nous ne le saurons jamais). Entré chez Swissmetal en 2005, Dani (anciennement le branlou) était pressenti pour devenir le CEO de Swissmetal une fois qu eMartinou aurait accompli sa mission sacrée de restructuration. Autrement dit, Dani aurait été le CEO d'une entreprise en liquidation, ce pour quoi, relevons-le, il aurait été tout à fait compétent. Comme quoi, Martin Hellweg choisit place parfois ses subordonnés là ou ils doivent (mais pas au bon moment, n'exagérons rien).

Ce licenciement (enfin, Dani est peut-être devenu en employé permanent de la mine de sel) a été accompagné de mesures de restructurations. Depuis le 13 avril, il n'y avait plus de restructuration, et Martinou devait être en manque. L'amusant dans tout ça est que si les restructurations se succèdent à une cadence folle, la stratégie ne change pas. A ce rythme, lorsqu'il restera 3 personnes chez Swissmetal, la stratégie sera toujours de déplacer la fonderie à Dornach et de s'implanter en Inde.

Mais ce n'est pas tout, voyons le communiqué écrit par Swissmetal pour annoncer les changements:
"Le secteur industriel concerne des segments de marché, tels que l’électrotechnique, l’industrie automobile, l’infrastructure des transports, l’industrie du bâtiment et les systèmes de serrurerie. Quant au secteur du décolletage, il concerne les segments des pointes de stylos à bille, les connecteurs et l’industrie du décolletage (pièces usinées)".

Cette division en 2 secteurs avait été prônée par nombre de Boillat auprès de Martin Hellweg, parce qu'elle sépare clairement la production de Dornach (secteur industriel) de celle de la Boillat (secteur décolletage, avec Busch-Jaeger). Selon le Journal du Jura, les sites sites auraient été jugés par Swissmetal comme étant "en partie très différents". Une phrase certainement traduite du moldo-slovaque médiéval. Mais alors, que sont donc devenus les "centres de compétence" de la "stratégie"? Martinou aurait-il, pour la première fois de sa vie, enclenché la marche arrière? Serait-il devenu honnête? On peut rêver, mais pas s'endooormir, tout de même. Ces changements sentent plutôt la manoeauvre dilatoire, comme un connaît. Reste que ces grandes manoeuvres ne sont certainement pas achevées.

En plus, avec Roderick Tanzer à la tête du secteur décolletage, c'est déjà mal parti. Déjà sur place jeudi, il a fait visiter l'usine à un client important en détresse, devenu tout à coup prioritaire (bientôt, tous les clients seront classés prioritaire). On devine le genre de commentaires de Rodi le danseur: "Ici, c'est la machine à café, je vous en paie un? Ah... comment ça marche ce truc? Là, vous avez, euh, du fil. Juste à côté, vous pouvez mettre vos gobelets dans cette poubelle de haute qualité, faite en matériaux recyclés et certifiée ISO. Je vous ressers un café? Là-bas, c'est un ouvrier. Regardez comme il est heureux, assis à ne rien faire. Swissmetal s'occupe de ne pas surmener les gens, grâce à une organisation optimale des flux de matière. Et celui-là, là au fond, il travaille sur, euh... Sa machine, n'est-ce pas?".

Bref, Rodi n'est pas un fakir, comme on dit dans nos contrées. Pourtant, il doit s'y connaître en fakirs, puisqu'en plus de son nouveau poste, il garde l'ancien, et reste donc "manager régional pour l'Amérique, l'Asie et le Moyen-Orient", chargé notamment de développer une usine en Inde. Pauvre d'eux. C'est Philippe Michel qui s'occupera de l'autre secteur.

Malgré toutes ces contorsions, destinées avant tout à faire monter l'action, Martinou ne parvient plus à cacher son manque de cohérence, ce qui est signe d'une certaine panique à bord. Il a besoin, aussi, de convaincre les Boillat, et les observateurs du conflit, qu'il tente de faire quelque chose pour améliorer la situation. Mais la seule amélioration véritable serait, il faut le redire, le départ de Martinou lui-même.

Deux autres petites nouvelles sont à noter. La première est que l'expert a visité la Boillat mercredi, et y a rencontré des employés de manière individuelle. L'impression qui ressort de ces entretiens, à propos de l'expert, est positive. La seconde nouvelle nous vient du Journal du Jura, et tient en une citation de Francis Koller, président de l'événement, à propos de la Boillat:
"Depuis 1989, nous n'avons jamais eu de problèmes de manifestations même si nous avons accueilli de nombreuses personnalités politiques. Il serait donc regrettable qu'une manifestation liée au conflit Boillat se tienne durant le salon. Les gens de la région sont raisonnables et savent ce que le SIAMS apporte à l'industrie de ce coin de pays. Ce serait vraiment décevant qu'une action ternisse le salon". A lire aussi, l'éditorial du Juju.


Un nouvel actionnaire

Un nouvel actionnaire est entré dans le capital de Swissmetal, probablement en rachetant la participation de Swisscanto au travers de transactions hors bourse. L'actionnaire en question est Fidfund, une branche de GEM. Qui retrouve-t-on chez GEM (ici au registre du commerce)? François Carrard, président du conseil d'administration. Benedict Hentsch (oui, celui de Swissair), vice-président. Alfredo Ambrosetti (le monsieur d'une des entreprises où Fridou "travaille". Quant à savoir s'il est de la famille du syndicaliste... Quel intérêt?), membre. Et, bien sûr, pour que la brochette des petits copains soit complète, nous retrouvons Friedrich Sauerländer, au poste de directeur. Conflit d'intérêts? Délit d'initié? Voyons, ne soyons pas mauvaises langues...


Alors, et ce stock?

Voici, enfin, des nouvelles du stock de Swissmetal. Il s'agit ici d'analyser l'état de ce stock, en particulier des matières premières, pour voir à quel niveau il se situe. S'informer sur l'état du stock a été très long, et bien des personnes m'ont aidé (merci à elles pour leurs efforts!). Mes techniques d'évaluation ont été, d'ailleurs, beaucoup critiquées, et à juste titre. Néanmoins, j'ai beau tourner le problème dans tous les sens, et procéder de différentes manières, j'arrive toujours à peu près au même résultat.

Le problème est à peu près de ce type (ça rappellera quelques souvenirs):

Vous avez une baignoire de dimensions définies. Vous mesurez la hauteur de l'eau avec une règle en alu. Sachant qu ela tempétature est de 50 degré, la règle selon dilate et fausse la mesure. Il faut donc corriger cet effet. La baignoire fuit, à raison de 0,62 ml par minute. De plus, bébé a jeté son canard dedans, ce qui a occasionné une perte de 0,18 litres (sur votre belle chemise toute neuve). Enfin, l'eau s'évapore en fonction de sa surface au contact avec l'air ambiant et de sa température, mais comme sa température baisse dans le temps, l'évaporation diminue en suivant une courbe logarithmique. Après 3 jours, 6 heures, 1 minute et 12 secondes, combien reste-t-il d'eau dans la baignoire. Et, bien sûr, quel est lâge du capitaine?


Pour commencer, notons d'abord que Swissmetal, depuis quelques années, comptabilise ses stocks au moyen de la méthode Lifo (Last In, First Out: dernier dedans, premier dehors). Cette méthode consiste à sortir du stock, au niveau de la comptabilité, les dernières marchandises qui y sont entrées. Dans le cas actuel, caractérisé par une forte hausse du cours du cuivre et des métaux en général, ce sont les derniers métaux entrés qui sortent d'abord, ce qui signifie que ce sont les métaux les plus chers à l'achat qui sont sortis d'abord, et les moins chers à l'achat qui le sont en dernier.

Ainsi, le stock restant est largement sous-évalué au niveau comptable (car le stock ne passe généralement pas en-dessous d'un certain seuil. Le cuivre le plus ancien -et le moins cher- reste donc indéfiniment, même s'il est possible de procéder à une réévaluation).

Selon le rapport annuel 2005 de Swissmetal (toujours en anglais), à la page 41, le stock de matières premières (brutes, tournures, etc.) est comptablement chiffré à 28,743 millions de francs. De plus, Swissmetal évalue sont stock total (matières premières et produits usinés) à 84,7 milions de francs, au cours du 31 décembre 2005 (alors que l'évaluation comptable est de 43,094 millions de francs, effet Fifo).

Toujours au 31 décembre 2005, Swissmetal indique 14'900 tonnes de stock total (matières premières et matières usinées). La question est: de ces 14'900 tonnes, quelle est la quantité de matières premières? Diverses estimations et informations se recoupent pour produire le chiffre de 12'000 de tonnes.

Pour obtenir 5,7 millions de francs en vendant du cuivre, en février et mars, Swissmetal a dû en céder 900 tonnes environ. Il reste donc 11'100 tonnes. En fonctionnant normalement, l'usine de Dornach produit environ 1'500 tonnes par mois, et la Boillat un peu plus de 1'000 tonnes. En janvier, les 2 usines ont fonctionné, et ont peut donc retirer 2'500 tonnes au stock. Il reste 8'600 tonnes (il est néanmoins possible, mais peu probable, que Swissmetal ait racheté du stock en janvier). Ont suivi 3 mois durant lesquels seul Dornach a utilisé de la matière première, à hauteur de 4'500 tonnes. Il resterait donc 4'100 tonnes de matières premières à l'heure actuelle (c'est du moins mon estimation la plus élevée). Soit de quoi faire fonctionner l'usine de Dornach durant environ 2 mois et demi.

On peut donc, à mon avis, conclure quelque chose, même si ces calculs ne sont que des estimations. Swissmetal a calculé ses ventes de stock au plus juste, pour financer partiellement le rachat de Busch-Jaeger. Au plus juste, en ce sens que Dornach pourra poursuivre sa production jusqu'à l'assemblée générale des actionnaires. Cependant, Swissmetal ne peut pas faire produire la Boillat et Dornach normalement sans racheter de quoi les alimenter (il faudrait 5'000 tonnes de matières premières au grand minimum).

Mettre Dornach à l'arrêt serait probablement très risqué pour la direction de Swissmetal, alors ils y poursuivent la production, même si elle n'est pas rentable (à ce propos, il est amusant de constater que Swissmetal fournit un comparatif des valeurs ajoutées brutes (VAB) des 2 sites, dans son rapport du premier trimestre 2006, mais ne donne que le chiffre d'affaire total des 2 sites. Ainsi, Swissmetal met en évidence une baisse de la VAB à Reconvilier, et une hausse à Dornach, mais évite soigneusement de rendre possible le calcul de la proportion de chaque VAB par rapport à chaque chiffre d'affaire. Parions donc sur le fait que Dornach dégage bien moins de VAB par rapport à son chiffre d'affaire que la Boillat, sinon, Swissmetal n'hésiterait pas à différencier aussi les chiffres d'affaire). Parce qu'il faut continuer la production à Dornach pour éviter que les ouvriers ne se posent trop de questions, la Boillat (qui rapporterait, elle, de l'argent) ne fonctionne plus, faute de matières premières.

Ajoutons encore ici, en dernier lieu, qu'en ce moment, l'unique source d'argent frais de Swissmetal est probablement les factures en suspens de ses clients. Une petite révolte de clients pourrait donc tomber à pic, et elle risque de ne plus tarder, étant donné qu'actuellement, il ne sort presque plus de produits finis de la Boillat.


Le cours de l'action

Comme on le voit chaque jour, le cours de l'action de Swissmetal semble trop élevé par rapport à ce que nous savons de la santé de l'entreprise. Il faut néanmoins noter qu'avec 123,4 millions de fonds propres, et le stock indiqué dans le rapport annuel 2005 (plus de 80 millions), l'actionnaire peut considérer (probablement à tort cela dit) qu'il a de quoi voir venir: en cas de liquidation, il pourrait récupérer sa mise, même si l'action monte encore un peu. Le cours de l'action, en ce moment, ne reflète donc pas la viabilité de l'entreprise.

Et, au fait, quel est l'âge du capitaine?

mercredi, mai 03, 2006

Toutes ces choses à dire

Côté Swissmetal

Dani le branlou ne fera plus le Branlou, en tout cas pas chez Swissmetal. Le ridicule a tué sa carrière dans le groupe. Qu'il ne nous en veuille pas si les adieux ne sont point larmoyants, mais le vice-président exécutif et directeur des ventes de Swissmetal ne manquera à personne. Ni aux Boillat, ni à Martinou (l'homme aux multiples surnoms), le pôôôvre.

On nous annoncera sous peu que Daniel Brendel est parti de son plein gré, suite à un burnout ou quelque chose du genre (pourtant, Dani ne semble pas avoir été assimilé à l'"équipe maladie" dénoncée par Martin Hellweg). Mais les causes de l'éjection de Dani ne sont pas un mystère: son incompétence notoire nuisait trop à Swissmetal, et il n'était probablement pas suffisamment convaincu par la doctrine du maîîître. Tout est qu'en tant que directeur des ventes, les clients, qui paient bien, avaient une forte garantie de ne plus jamais être livrés, tant la pagaille qu'il a semé et son incapacité à prendre ses responsabilités bloquent la production de la Boillat.

Swissmetal a commencé à préparer sobrement le deuil de Dani, comme l'indiquait un communiqué Teletext (merci Blondinet!):
"Swissmetal modifie son organisation en deux secteurs d'activité, l'industrie et le décolletage. Cette nouvelle répartition qui vient d'être mise en place, vise à proposer de meilleurs services aux clients. Le secteur industriel concerne l'électronique et l'automobile. Le décolletage touche les stylos à bille et les pièces usinées. Swissmetal a vu sa rentabilité chuter l'an passé et la grève n'a rien arrangé".

Passons sur le redécoupage, probablement "stratégique". Et venons-en à "de meilleurs services aux clients", vous avez bien lu. Heureusement, parce qu'à part en leur envoyant leurs commandes emballées dans des obus d'artillerie lourde sur une trajectoire ballistique, on ne voit pas comment, actuellement, le service aux clients pourrait être moins bon. En ce moment, au téléphone à Dornach, c'est "oui, oui" et dans les caisses, c'est "non, non".

D'ailleurs, après la visite des huiles de Bic, le four 10 tonnes a à nouveau été mis à l'arrêt. Maintenant que la Boillat n'a plus de quoi faire fonctionner ses fours, et que les différents stocks sont vides, les clients ont beaucoup de soucis à se faire.


Les Boillat

Les Boillat ont eu une séance de personnel le premier mai, dont des échos nous sont parvenus sur le blog. La situation est extrêmement dure, car bien des gens ne savent plus trop dans quel sens aller, et parce que l'information devient difficile à transmettre, entre licenciés qui travaillent, licenciés qui ne travaillent plus, et non licenciés. Une proposition demandant des séances du personnel à nouveau plus régulières a été déposée.

Mais, dans des conditions pareilles, on peut comprendre que des obstacles surviennent à l'interne. Cependant, chaque obstacle est surmontable, avec un peu d'astuce. Si Martinou est réactif parce qu'il est seul et agit en dictateur, les Boilat sont créatifs, parce qu'ils sont 300 à mener une réflexion. Simplement, n'oublions pas de les soutenir, ici, mais aussi sur place.

La lutte n'est pas terminée, et elle n'est pas, loin s'en faut, perdue! Swissmetal est dans une situation très préoccupante, à cause des délires martinesques. En réalité, sans une Boillat qui tourne et avec Martinou aux commandes, Swissmetal est mort, au plus à moyen terme (Martinou, toujours lui, s'en moque d'ailleurs totalement, puisque d'ici là, il sera loin). Par contre, la Boillat, elle, malgré les coups reçus, conserve encore de nombreux atouts pour poursuivre son chemin.

Dernière chose: il semblerait que le nombre de malades soit finalement inférieur à 20. Comptez 5% d'absentéisme incompressible, il en reste moins de 10...


Rapport d'activité de Swissmetal en 2005

Chose promise, chose due. Après avoir pris des renseignements auprès de personnes plus compétentes, Karl continue à éplucher le rapport annuel 2005 de Swissmetal. Mise en garde: si vous avez mal à la tête au moment de lire ces lignes, attention. Seconde mise en garde: ces lignes ne sont pas écrites par un spécialiste. Karl a consulté pas mal de monde, mais n'est pas pour autant devenu un pro de l'économie. Allons-y dans l'ordre:

En page 5, Friedrich Sauerländer et Martin Hellweg, nous offrent leur petit billet. On y apprend que leur nouveau produit "phare" sera les... tubes pour train d'atterrissage. Pour rappel, 4 concurrents, et pas des petits, produisent déjà de tels tubes, au moyens de procédés dont ne dispose pas Swissmetal, et qui sont réputés plus rentables. De plus, pas un seul de ces tubes n'a été produit chez Swissmetal, et on ne peut même pas dire que cette production soit à l'état de projet. Fridou et Martinou peuvent donc commencer un nouveau livre, intitulé Pleins feux sur les tubes furtifs (un roman d'aviateur qui espionnerait Swissmetal à haute altitude pour le compte de Busch-Jaeger). Ou bien encore: L'entube n'est pas loin (sans commentaire).

Page 8, on apprend que Swissmetal a lancé un nouveau programme de bonus (rémunération au résultat) pour le haut de la hiérarchie. On attendait qu'il se nomme "Sirius", mais ils ont bizarrement opté pour North Star, l'Etoile du nord.

Bien sûr, ce programme n'est pas plafonné en termes de rémunération. Bien sûr, on ne sait pas qui détermine les performances d'un bénéficiaire (selon le code de bonne conduite d'Economiesuisse, le conseil d'administration devrait créer un comité de rémunération "formé en majorité de membres du conseil d'administration indépendants et non exécutifs"). Et bien sûr, dans ce cas, on imagine aisément que ceux qui calculent les performances des bénéficiaires font partie des bénéficaires, et sont aussi ceux qui fixent la rémunération. Martin Hellweg aurait-il, par hasard, vissé quelques casquettes supplémentaires sur son crâne? Ou s'agit-il plus simplement de retenir les collaborateurs burnoutés à coup de sousous dans la popoche?

A la page 21, on relèvera que les frais de révision ont augmenté de 269'700 francs en 2004 à 357'380 francs en 2005 (quand même presque 90'000 francs de plus). Comme c'est bizarre. L'efficience de Swissmetal diminuerait-elle aussi au niveau comptable, ou sont-ce les manipulations qui augmentent? Par contre, page 37, les dépenses de recherche et développement ont diminué. Sans doute une nouvelle manière de viser l'excellence industrielle. Autre baisse à la page 39, celle des ventes de produits standards, suite à une forte pression sur les prix due à une "capacité excessive dans ce segment". Donc, les produits issus de Dornach se vendent encore moins bien, même si Swissmetal assure du contraire.

Page 43, il est noté que 4,3 milions ont déjà été payés pour la presse de Dornach.

A la page 48, comme ça a été relevé sur le blog, on remarque que finalement, contrairement à ce que prétendait le rapport 2004, Martinou n'a pas acheté ses 88'000 actions (à un prix de 9 francs). On ne s'en doutait pas, mais alors pas du tout. En fait, il s'en est fait offrir la moitié (soit 396'000 francs à l'époque) par Swissmetal, en forme d'avance sur de futurs bonus. Belle excuse vaseuse, n'est-ce pas? Y aurait-il un réviseur mécontent derrière cette nouvelle interprétation de la prodigalité du maîîître?


Aïe, c'est pas fini!

Enfin, on arrive au morceau le plus important (de cet "édito" du moins): le refinancement en cours. En 2005, selon la page 46 du rapport 2005, Swissmetal a renégocié sa ligne de crédit auprès des banques, passant de 7,5 millions à 20 millions. Cette augmentation du crédit a été garantie par les débiteurs inscrits aux actifs du bilan (les Trade account receivable, se montant à environ 30 millions). Autrement dit, si Swissmetal n'honore pas ses dettes, les banques sont en droit de se rembourser en encaissant directement les factures des clients de Swissmetal. Ce n'est donc pas un crédit en blanc. L'utilisation d'une telle ligne de crédit, indique le rapport, est soumise à un covenant (un accord). De plus, il est aussi indiqué de se reporter aux événements mentionnés en page 49. Lesdits événements sont la grève et le rachat de Busch-Jaeger, comme par hasard (n'oublions pas que les réviseurs attirent eux-aussi l'attention sur ces points, ainsi que sur le refinancement).

Un économiste m'a signalé que les covenants d'une ligne de crédit contiennent usuellement une clause mentionnant, entre autres, que l'entreprise débitrice (ici Swissmetal) n'est pas autorisée à racheter une autre entreprise au moyen de sa ligne de crédit. Si elle le fait, le prêt de la banque (via la ligne de crédit) peut devenir exigible. Ainsi, on peut imaginer que Swissmetal, en rachetant Busch-Jaeger, a violé les covenants, ce qui aurait entraîné la fermeture de la ligne de crédit, et par conséquent la nécessité de refinancer.

Notons que Busch-Jaeger est une entreprise au capital de 1'524'700 euros, dont Dietrich Twietmeyer possède 2'500 euros (et il risque d'entrer au conseil d'administration de Swissmetal avec ça). Cette entreprise a été rachetée pour 9,9 millions, assortis de 14,8 millions de reprise de dettes, selon le rapport du premier trimestre 2006. Ca laisse songeur quand on pense aux offres de rachat de la Boillat, qui devaient être autrement plus juteuses, pour une usine que la direction de Swissmetal considère comme moins performante que Busch-Jaeger.

Tout est que ce rachat, financé par la vente de stock en 2006 (pour 5,7 millions) et par d'autres moyens (la ligne de crédit, justement?), a mené Swissmetal à vider la caisse. En effet, dans le rapport trimestriel, l'operating cash flow (investi dans l'achat de la presse, le remboursement du prêt destiné à l'achat du stock obligatoire, etc.) se monte à 3,5 millions, tandis que le free cash flow du groupe est de moins 8 francs 10. C'est précis, dites.

Dès lors, (même si Swissmetal a beaucoup de fonds propres: 123,4 millions de francs, qui ne consistent toutefois pas en argent mobilisable), il lui est probablement assez difficile de continuer à fonctionner dans ces conditions, l'argent liquide étant devenu rare. Plus de liquide, et plus de crédit, pour résumer. Martinou va-t-il s'en sortir? Comme on le connaît, il doit avoir encore un coup tordu à jouer.

Reste, dans le prochain "édito", à analyser le stock de matières premières qui, lui aussi, a l'air d'avoir une petite mine (de sel?).

mardi, mai 02, 2006

Un premier mai couleur Boillat!

Cet "édito" n'est malheureusement pas aussi complet que je l'aurais voulu, faute de temps. Mais ce n'est que partie remise!


Des Boillat, partout, partout

Corinne Cattin-Brischoux, tout d'abord, qui, après avoir eu de nombreuses sueurs froides quant à l'usage de l'allemand, a bien sûr réussi son coup, comme on l'attendait. Lors de son discours (que voici en français, et en allemand), Corinne a souligné plusieurs fois que les "Femmes en colère" étaient montées sur l'estrade, derrière elle, et ont déployé un grande banderolle "La Boillat vivra!". On peut entendre Corinne remettre les pendules à l'heure dans le journal de 12H30 de la RSR.



A Lausanne, c'était Nicolas Wuillemin qui intervenait (et Karl n'en savait rien. Ca fait bizarre!). Une récolte de signatures pour la pétition était aussi organisée sur place. Nicolas et Maria Wuillemin étaient aussi à la TSR, avec Laurent Graenischer (réalisateur de Société anonyme, un documentaire sur la Tornos), dans l'émission intitulée "Photos de famille".

Enfin, Marianne Huguenin, conseillère nationale POP était à Delémont et n'a pas épargné Fridou et Martinou, tandis que Renzo Ambrosetti (dont voici une interview du premier mai) avait quelques mots sur la Boillat dans son discours, à Sion.


Le Journal du Jura

Le Journal du Jura résume la journée du premier mai, sans oublier de parler de la Boillat. On y trouve aussi un bref article où un ex-collègue de Fridou (pauvre homme, il a dû en baver!) explique tout le mal qu'il pense du bonhomme. Et encore, il est gentil. Le dernier article discute les problèmes des clients de la Boillat, qui sont en train de constater qu'ils peuvent attendre encore un moment avant la prochaine livraison. Swissmetal, en ce moment, promet en effet à tous ses clients qu'il les livrera alors que, côté Boillat, les problèmes sont tels que ces derniers devront être patient. Tant qu'ils ne s'endooorment pas...

lundi, mai 01, 2006

C'est le premier mai

Le 1 du 5, si vous préférez

Aujourd'hui, c'est donc la fête du travail. Chers Boillat, si le coeur vous en dit, malgré tout ce qui vous arrive, fêtez bien! Car, le travail, vous savez ce que c'est. Bonne fête du travail, aussi, à tous ces gens qui font vivre nos sociétés, à toutes ces personnes qui se lèvent pour aller au boulot, sans qui rien ne serait possible.

Et, pour votre premier mai, comme le veut la tradition, voici un peu de muguet (virtuel, mais je fais avec les moyens du bord). Il paraît que ça porte bonheur... Mais si ça porte bonheur virtuellement, euh, passons sur les détails.


Pas bonne fête, par contre, à Martin Hellweg, à Friedrich Sauerländer, et à leur club de petits copains, charognards dont l'oeuvre consiste à détruire des entreprises pour que la carcasse soit liquidée à leur profit. A eux, on composera un bouquet aux odeurs enivrantes, dont les végétaux seront soigneusement sélectionnés dans l'assortiment ci-dessous (le fleuriste de Reconvilier ne reniera pas, je crois, la touche de psychologie qu'il faut pour marier aussi bien un bouquet avec la personnalité de son destinataire):

Il y a l'immense majorité qui créé de la richesse, et une toute petite minorité dont la "profession" est d'en détruire, volontairement. Joyeux premier mai à la première catégorie!

Encore une chose à ne pas oublier: aujourd'hui, Corinne va prononcer son discours à Zurich, après avoir longuement potassé son allemand. On lui tient les pouces!


Dans les journaux

On reparle de la Boillat, en ce jour symbolique, dans les pages du Temps. Paul Reichsteiner, président de l'Union syndicale suisse, explique l'importance de conserver un droit réel, et pas seulement formel, de faire grève. Quand une direction d'entreprise ne respecte pas la CCT à laquelle elle est liée, et qu'elle reste sourde à toute tentative de négociation, P. Reichsteiner considère que la grève est un recours juste, et d'ailleurs garanti par la Constitution suisse depuis l'an 2000. Pourtant, il en va autrement, puisque le droit constitutionnel à la grève voit son exercice rendu matériellement très difficile, voire impossible, par d'autres dispositions. L'analyse de P. Reichsteiner fait de nombreuses fois références à la Boillat.

Il faut aussi mentionner un article qui, même si j'ai trop longtemps traîné avant de le mentionner, mérite un détour (il est paru le 26 avril, honte à moi! Depuis, un détail a changé: la pétition sera remise le premier juin, jour d'entrée en fonction du nouveau gouvernement bernois). Il s'agit du dernier article de Pierre Noverraz sur la Boillat, dans l'Evenement syndical. P. Noverraz suit le conflit depuis le début, en 2004, et est l'auteur d'un livre sur la première grève mais, comme l'Evenement syndical n'a pas de site Internet, faute de moyens, il m'est malheureusement difficile d'en répercuter tous les articles.