jeudi, février 02, 2006

Les camions de la honte

Il sont venus, ils ont vu, et il sont repartis avec des drapeaux UNIA aux fesses. Ils ne venaient pas prendre du cuivre, contrairement aux "informations" distillées par Sam Furrer, qui ne fait pas trop la différence entre ces métaux de toutes les couleurs.
En effet, le cuivre a une belle couleur ocre, Monsieur Furrer, tandis que le stock de métal que vous veniez voler était d'une autre couleur (saurez-vous trouver laquelle? Nananère!). Il ne s'agissait pas d'une matière première, comme le cuivre, mais d'un produit déjà travaillé par les ouvriers de la Boillat.

Du cuivre, Swissmetal serait bien bête de l'acheter à des fournisseurs de matières premières pour ensuite le faire transiter à la Boillat, avant de l'envoyer à Dornach. Envoyer des camions pour le chercher à la Boillat aurait été peu sérieux: il suffirait de l'acheter ailleurs. Ah, mais c'est ce que ces gangsters ont quand même fait! Sauf qu'ils venaient chercher du laiton... Dont la valeur particulière s'explique par le savoir-faire des employés de la Boillat.

Bien sûr, envoyer ces camions était avant tout un petit coup bas, pour deux raisons:
Il fallait mettre les problèmes des employés de Dornach sur le dos des grévistes. Faire souffrir Dornach pour faire détester la Boillat. Ah... On me souffle que Swissmetal est un groupe intégré, dans lequel la direction ne reconnaît plus de différence entre les deux sites. Ha ha ha la bonne blague! Swissmetal sera surtout bientôt un groupe désintégré, grâce au patient travail de destruction mené par le CEO et ses petits copains.
La deuxième raison est qu'il fallait fabriquer une preuve selon laquelle les ouvriers empêchent les chefs des lieux d'utiliser leur propriété. Car à la direction, on pense probablement plus à taper qu'à négocier. Peut-être n'est-ce qu'une manoeuvre, pour faire peur et déstabiliser. Peut-être pas.

Une chose est sûre, les camions sont repartis à vide. Reviendront-ils, accompagnés de la police? Ce sera le signal que la direction veut pousser les grévistes à la faute, par la force (et que les autorités cèdent, ce serait surprenant). Résister à une aggression qui atteint ce degré de bassesse est difficile, et courageux. Le genre de situation auxquelles un Martin Luther King était confronté...

Encore une nouvelle vraiment pas sérieuse: à l'heure qu'il est, l'action de Swissmetal monte. Mais un illustre physicien ne disait-il pas que tout ce qui monte finit par retomber?

9 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Ben voilà les actions montent!!! Oh que de spéculations doivent se faire derrière les fagots! Dans le dos de tous ces gens qui luttent pour leur dignité... Voici un tout petit extrait d'une lettre ouverte parue dans le JDJ il y a qq temps...

Que des millionnaires s’enrichissent en payant peu d’impôts ne choque personne… que nos banques amassent de l’argent sur tout ce qui est sale ne choque personne…
On prend on jette… dans le boulot maintenant – tu me conviens, tu ne me conviens plus – tel un mouchoir je te jette. Je n’aime pas regretter, mais le temps des entreprises familiales – avec tous ses inconvénients est fini- pourtant, l’être humain était au moins respecté. On te reconnaissait comme personne, pas comme pion.
Maintenant je reconnais que tout a changé et qu’il faut s’adapter… mais dans tout cela où est le respect de la personne.
« De mon temps c’était pas comme ça … » je ne tomberai pas dans ce schéma. Mais j’ai peur, j’ai peur des peurs des autres, du manque de dialogue et d’ouverture. Plus on maintiendra les gens dans la peur plus ils seront faciles à contrôler… les religions l’ont fait, maintenant la finance le fait…

Merci à vous tous de lutter contre le Diktat d'une "stratégie boursière"...
Avec vous de tout coeur: Brigitte

février 02, 2006 4:44 PM  
Anonymous Soutien said...

Comme tout le monde, je suis avec beaucoup d'intérêt ce qui se passe dans le coin.

Ce que je trouve vraiment dommage avec cette grève qui se poursuit, c'est qu'en refusant l'accès à des camions qui viennent chercher du matériel, vous donnez des prétextes aux chefs pour fermer définitivement le site de Reconvilier.

Ca serait dommage d'en arriver à cette extrême surtout lorsqu'on sait que des discussions sont en cours entre UNIA et la direction. De ce fait, il serait aussi bon de faire preuve d'un peu de bonne foi et de lâcher du lest.

Ne pas vouloir reprendre le travail, je le conçois. Par contre, empêcher un autre site de travailler normalement, beaucoup moins.

Sur ce, bonne soirée à tous.

février 02, 2006 7:39 PM  
Blogger Karl said...

Eh oui, il est bien triste qu'à Dornach, les employés ne puissent pas travialler comme ils le souahite. Mais la direction use de cette réalité pour faire craquer les grévistes, qui eux, contrairmeent à la direction, ont une dignité.

Idem pour la femreture du site: les grévistes veulent le contraire, bien sûr, e tla direction essaie de leur faire peur.

Ca s'appelle du chantage, et céder au chantage, c'est perdre la grève.

février 02, 2006 8:25 PM  
Anonymous Un sympathisant jurassien said...

Nous suivons avec attention les événements, et sommes de tout coeur à vos côtés, et peut-être aussi avec le porte-monnaie dans la limite de nos moyens (on se bat aussi pour assurer nos moyens d'existences, même dans les bureaux d'études !)
Vous avez engagé un combat "juste", pour lequel vous n'avez pas d'autres échappatoires que de ressortir la tête haute, même si l'économie et la finance doivent s'écrouler (eux s'en sortiront toujours bien, avec des parachutes dorés, même avec un coup de pied au cul);
allez jusqu'au bout, le peuple jurassien et bernois saura se reconnaître dans votre action !!

février 02, 2006 8:27 PM  
Anonymous Anonyme said...

Le problème Karl est que dans cette histoire, vous avez TOUT à perdre, à commencer par votre emploi.

A choisir entre perdre une grève et perdre mon job, egoïstement peut-être, j'opte pour la première solution.

Le jour oû Swissmetal donnera votre boulot à des indiens ou des chinois qui leur coûteront 20 fois moins que des Suisses, ça sera trop tard pour pleurer.

février 02, 2006 8:42 PM  
Blogger Karl said...

Certes certes, le fait que les Chinois coûtent 20 foi smoins cher à Swissmetal n'a aps manqué de leur effleurer l'esprit. La sinologie, ils aiment beaucoup, à Swissmetal. Le projet Spoutnik est censé mettre Swissmetal en orbite je suppose, mais pas géostationnaire...

Quand à moi, je ne suis pas un employé de la Boillat. Je n'ai pas d'emploi à perdre. Mais les employés, eux, plutôt que de se faire virer petit à petit dans les mois qui viennent, on décidé de se battre, et j'ai décidé de les aider en leur donnant de l'écho.

Soyez sûr que si les employés font la grève, c'est parce qu'ils sont convaincus de n'avoir pas d'autre solution possible pour conserver, après 2006 (estimation), leur emploi. Parce que malgré les promesses de la direction, une fois la fonderie supprimée, la Boillat ne sera plus un site économiquement viable. Tout ce que les employés ont à perdre, c'est donc environ une année de salaire.

Ils vous le diront eux-mêmes.

février 02, 2006 9:00 PM  
Anonymous Christian said...

Je me demande combien de temps vont encore tenir les décolleteurs formant vos clients. Ils devront finir par se résoudre à se tourner vers d'autres fournisseurs. Alors soit ils parviennent à s'adapter, leurs clients sont contents et vous risquez bien de ne jamais les revoir dans votre carnet de commandes, soit les décolleteurs ne s'adaptent pas, leurs clients sont mécontents et ils mettent la clé sous le paillasson. Dans les 2 cas, la Boillat est perdante. Que la direction vienne donc à Reconvilier; dès que tout les parties sont assises à la table de négociations, faites démarrer immédiatement vos machines. Ainsi, tout le monde aura fait preuve d'une première bonne volonté et c'est déjà un début, non? Tous ensemble, vous aurez apporté un soulagement à vos clients et leurs employés; à toute une région. Et cela ôtera le sourire ravi qu'affichent vos concurrents.

février 03, 2006 12:43 AM  
Anonymous fredoche said...

Christian: d'après des sources très proches de la direction, les entreprises clientes de la Boillat ont environ 15 jours de stock et donc, le véritable problème commence tout juste à se poser (on est à 11 jours de grêve). Elles se sont justement réunies hier et ont appelé au dialogue... Ya pas grand'chose à faire. Par contre ce qui se murmure, c'est que la Boillat pourrait être rachetée. Seul pb, elle est pas à vendre. Et ils seraient bien cons de vendre, puisque le racheteur deviendrait le principal concurrent de Swissmetal..
Enfin bon, bon courage en tout cas aux grèvistes.

février 03, 2006 1:53 PM  
Anonymous Anonyme said...

Je trouve la solidarité entre les ouvriers et les cadres de Boillat
exemplaire ! Il y a aussi énormément de monde qui bossent pour vous dans l'ombre et se battent pour trouver une issue acceptable (je n'ose pas écrire heureuse ...) car je sais bien les souffrances et les angoisses des grèvistes laisseront des traces dans leur vie et dans leurs familles.
De tout coeur avec vous et QUE VIVE LA BOILLAT !
Et comme disait un jurassien célébre : il faut se battre pour ses idées et ne se décourager jamais ...

février 03, 2006 6:24 PM  

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