Contre-attaqueMartin, il tourne aussi, autour du pot. Accord, pas accord, pas d'accord. Na!
En effet, lundi, Rolf Bloch disait toucher au but, et les syndicats se préparaient à soumettre la proposition de médiation de Rolf Bloch. Mais tout à tourné court à la lecture d'une
interview de Martin Hellweg dans le
Bund, faite le lundi 20 février et publiée le mardi. Et un Ragusa avalé de travers, un!
Quand le journaliste demande s'il est possible de reprendre le travail sans les 21 cadres, M. Hellweg répond:
"Oui, c'est réaliste. Nous avons déjà redistribué les tâches dans la direction du groupe. Et nous avons gagné de nouveaux cadres de Ludenscheid, par exemple pour la distribution".
Hem... La proposition de Rolf Bloch contenait le fait que la Boillat redémarre avec ses 21 cadres licenciés, et que ce licenciement soit rediscuté. Dès lors, il y a eu rediscution, navettes, et tout un blabla pour que finalement Martinou accepte de revenir sur ses paroles. Et Swissmetal de signaler que Martin Hellweg donnait "faussement l'impression" de ne pas revenir sur les licenciements. Normal, pourrait-on dire: chez Martin Hellweg, tout est faux.
De plus, dans la nouvelle proposition, tous les licenciements ne seront pas suspendus (parle-t-on de 21 cadre ou des 120 autre licenciés? Je ne sais pas). Et surtout, il faudra redémarrer le travail directement, alors que la direction ne commencera à négocier que lundi.
En clair: "Remettez-vous au boulot et fermez-là. Nous on passe prendre le stock et on ferme la boutique lundi". Ca poudroie, ça poudroie. On va bientôt pouvoir skier.
Pour démêler un peu l'écheveau de ce mardi,
un article du
Temps et
un article du
Matin. En effet, il faut bien deux articles pour comprendre les choses dans l'ordre, tant M. Hellweg met de soin à semer la "zizanie" (le mot est de Rolf Bloch, à propos de l'article du
Bund).
Martin soigne son imageL'image de Martin a grand besoin d'un lifting, et il le sait. Pour le moment, son portrait ressemble à un cadavre en décomposition, à un zombie, enfin, pas joli quoi. Martinou aimerait lui redonner un air virginal et frais. Martin, c'est pas gagné tu sais!
Dès lors, toujours dans
l'article du
Bund, il se qualifie, tenez-vous bien, de "sorte de clochard de luxe, sans véritable domicile". Mais alors vraiment de luxe, comme clochard. Il soigne son cercle d'amis à Cologne et Zurich, et fait bien volontiers une petite fête avec eux. Tout un art de vivre, ce Martin. Bohème, et assez cool en fait.
Mais ça continue, en pire (oui, oui, c'est possible!). Le
Schweizer Illustrierte publie en effet un article (pas trouvé de lien Internet) qu'il faut lire pour y croire (et encore, je me frotte les yeux). Franchement, les journalistes qui ont commis ce papier sont payés, mais on se demande par qui. Ca commence très fort, avec cette photo:

Récapitulons: le chien est à droite, et M. Hellweg à gauche. C'est sa chienne en fait, à droite, Baba, 7 ans. Pauvre bête. Cela dit, c'est surtout nous, qui sommes baba, en l'occurence... Et ça continue. Deux morceaux choisis:
"Son père, un directeur d'école professionnelle, et sa mère une 'écologiste radicale', comme il dit". Pendant que maman le gavait de petites graines, 'assez pour 3 vies', Martin faisait du commerce de cassettes au gymnase, organisait des fêtes, et publiait un journal d'élèves".
Et voilà comment Martin est devenu celui qu'on connaît: tout a commencé avec des petites graines. Tragique.
"Grâce à une bourse, il est allé aux USA, et ainsi à la Simon Graduate School, dont la devise est: 'où des penseurs deviennent chefs d'entreprise'".
Oui, bon, là ça a raté.
Après son séjour au Brésil, "Hellweg s'est habitué à tenir son domicile secret, à faire les courses avec des gardes du corps et à ne pas beaucoup se dévoiler. Il s'y est tenu jusqu'à aujourd'hui".
Euh... A-t-il jamais pensé à investir dans une psychothérapie? Martin, si tu lis ce blog, saches qu'il n'est pas trop tard, et que tu peux encore t'en sortir!
Tout l'article est construit sur un ton mielleux. Du genre: "Martin tellement marqué par la vie, tellement détesté injustement, tient le cap. C'est un homme debout, un battant, au regard perçant, qui a plein d'amis à Zurich (avec qui il échange probablement de nombreux conseils économiques, n'est-ce pas). Martin, un type comme on les aime!". Incroyable ce truc. Ca poudroie plus dans les yeux là, ni sous les skis, mais dans les trous de nez.
Et ce n'est pas tout
Pour parfaire l'opération séduction, la direction de Swissmetal s'est payée une page de pub dans Le Temps. Petit péché migon à 7500 francs. Avec quels sous? Vous avez deviné...
Et pour dire quoi? Que tous les 52 cadres de Swissmetal (donc ceux qui ne sont pas comptés, 21, ne sont plus comptabilisés, il y a comme une "fausse impression" là aussi) ne sont pas contents, mais alors pas du tout, des grévistes. 52 (moins 4 pour ce calcul), ça fait beaucoup de monde, à Dornach. A Reconvilier, 25 cadres faisaient tourner une usine de même dimension, rentable, elle.
Mais ils sont sérieux, responsables, et s'occupent de leurs clients, écrivent-ils, à Dornach. Ils sont convaincus par le concept industriel, eux. Ils ont compris que le seul bon emplacement pour la nouvelle presse était Dornach, eux. Et ceux qui ne sont pas d'accord d'y mettre l'unique fonderie du groupe sont "émotionnels", pas comme eux.
Ils ajoutent: "Nous, les cadres non grévistes de Swissmetal, nous voulons dessiner le futur et construire quelque chose".
Envoyons-leur donc une boîte de Neocolors et des Legos si ça les amuse tant. A leur âge, c'est nécessaire pour un développement harmonieux.
Mais encore: "Et nous ne tolérons plus que par leur comportement, nos collègues grévistes mettent sciemment en danger l'ensemble du groupe".
Ils sont doués quand ils jouent aux adultes ces petits, vous ne trouvez pas? Ils se donnent l'air sérieux et sévères, on y croirait presque. Quand je lis ça, j'ai presque l'impression d'avoir affaire à une ancienne maitresse d'école. Trop mignon!
"Nous sommes étonnés de voir qui se permet d'avoir les compétences nécessaires pour juger les décisions propres à l'entreprise".
Relisez bien la phrase. Nous, on se demande qui se permet de juger les décisions propres à l'entreprise sans les avoir, ces compétences. Et on lorgne du coté de certains signataires d'une certaine lettre à 7500 balles. En effet, "se permettre d'avoir les compétences" ne veut rien dire. Les compétences, soit on les a, soit on ne les a pas, mais on ne peut pas se les permettre. Ou alors en faisant semblant, comme certains d'entre eux en particulier. Les 52 cadres, ils leur faut un petit cours de lecture on dirait. C'est de leur âge.
"Nous ne comprenons en aucune manière le pourquoi de cette grève qui n'est pas justifié". "Justifié", disent-ils, pas "justifiéE". Donc, c'est le "pourquoi" qui n'est pas justifié.
Décodons: ils ne comprennent pas le pourquoi, mais savent qu'il n'est pas justifié. Donc, ils savent que le truc qu'ils ne comprennent pas n'a pas de raison d'être. Bref, il ne comprennent pas pourquoi il y a une grève, mais c'est mal de toute façon. C'est maaaaaaal, point. On sait pas pourquoi mais c'est maaal. "Dooormez, je le veux!".
Diagnostic final: redoublement de la première année avec cours d'appui en français et octroi de jouets aptes à soutenir leur épanouissement. Ils en ont bien besoin.
Cela dit, cerise sur le gâteau, Help est venu poster ça sur le blog:
"Bonjour à tous,
Je suis un des cadres de Dornach qui a signé la lettre de l'autre jour sur la grève. Je voulais dire ici que nous n'avions pas le choix. La pression était grande alors on a signé. Nous sommes inquiets des conséquences de la grève pour l'entreprise mais la lettre était excessive. Quelques-uns ici ont une certaine compréhension pour ce qui se passe à Reconvilier. La stratégie de la direction nous est favorable. C'est facile de la soutenir. Si j'étais à la place de ceux de Reconvilier je ne sais pas comment je réagirais."
Donc, en considérant que Help est bien l'un des 52 (ce que je crois) on les aurait plus ou moins forcé. La terreur Hellwegienne régnerait un poil à Dornach. Et tout ce genre de chose. Soit. A leur âge, ça arrive.
Encore à lire (argl non!)
Pour vous, encore peu de lecture. Déjà, le mémoire de diplôme universitaire d'Alexandre Beuchat, sur la première grève de la boillat, fait l'objet d'un article dans 24 Heures. Si vous trouvez le mémoire trop long à lire (ne rougissez pas, les mémoires d'uni sont généralement lus pas 4 personnnes: l'étudiant, le prof et les experts. Même papa-maman laissent en général tomber. Celui d'A. Beuchat a donc déjà eu un immense succès, mérité), vous pouvez vous faire une idée en lisant l'article.
Enfin le Juju, avec une foireuse affaire du groupe sanglier, qui porte plainte contre la TSR, qui a invité M. Zuber à Infrarouge pour défendre la Boillat, alors qu'il est candidat au prochaines élections cantonales. Donc, il faut leur expliquer: pour le moment, tout le monde lutte pour la Boillat, chers sangliers. Ne voyez d'ailleurs pas une injure dans le fait que les grévistes se fassent des spécialités à base de sanglier, c'est juste pour manger.
En ce moment, les altermondiaslistes et les syndicalistes se battent aux cotés de ceux qui attrapent de l'urticaire lorsqu'ils voient un drapeau Unia ou un tract d'ATTAC. Donc, vos problèmes d'urticaire à vous sont aussi suspendus jusqu'à nouvel ordre.
Derniers détails (parce que là c'est quand même tard, je vous dis pas)
Blandine, la dame qui se poste à la sortie de la Coop de Reconvilier pour remplir le fonds de grève a bien réussi son coup: 4000 francs en 2 jours! Elle a un flingue ou quoi? Ce serait à Lausanne qu'on dirait "oui", mais à Reconvilier, on sait comment il ssont les gens: derrière la cause à 57871904%!
Sur le fonds de grève de la commune de Reconvilier, il y a Fr. 25'636.05 au mardi 21 février. Bravo!
PS: Je vous avoue que là, avec tous les messages sur le blog, tous les articles dans les journaux, tous les mails que je reçois, et tout le reste (qui vous surprendra un jour!), je suis un poil débordé. Je vous prie donc de m'excuser si mon suivi baisse un tout petit peu ces prochains jours. Cela dit, l'intérêt que vous portez à ce blog et l'usage que vous en faites sont extraorinaires! Merci!